Les eurodéputés seront appelés, jeudi 13 juillet, après un débat sur le sujet mercredi 12, à se prononcer sur une résolution relative aux opérations de recherche et sauvetage en mer dans laquelle ils pourraient demander aux États membres et à l’agence Frontex de renforcer leurs capacités en navires et équipements spécifiques pour mener des actions proactives de recherche et de secours en mer, selon un projet de résolution porté par les groupes PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE et La Gauche dévoilé mardi 11 juillet.
Réagissant au récent naufrage d'un bateau de pêche ayant coulé dans la mer Ionienne au large de Pylos, en Messénie (Grèce), alors qu'il transportait environ 750 personnes, dont 104 ont été secourues, et après lequel 82 corps ont été retrouvés, le projet de résolution appelle aussi la Commission à évaluer les pratiques et les moyens de recherche des États membres.
Le texte, porté par les 5 groupes, réaffirme l'obligation, en vertu du droit international de la mer, de porter assistance aux « personnes en détresse et invite tous les États membres, à titre individuel ou lorsqu'ils agissent en tant qu'États membres de l'UE ou dans les enceintes internationales compétentes, à respecter pleinement les normes du droit international et du droit de l'Union applicables ».
Les élus devraient aussi se dire « préoccupés par le fait que, malgré le grand nombre de personnes secourues ces dernières années, l'OIM a enregistré 27 633 personnes disparues en Méditerranée depuis 2014 ». Ils inviteront à cet effet la Commission à « évaluer les pratiques actuelles des États membres en matière d'opérations de recherche et de sauvetage et à commencer immédiatement à travailler sur une nouvelle approche plus durable, fiable et permanente des opérations de recherche et de sauvetage, en remplacement des solutions ad hoc existantes ».
La Commission est encore invitée à « fournir un soutien matériel, financier et opérationnel aux États membres afin de renforcer la capacité globale à sauver des vies en mer et à coordonner les opérations de recherche et de sauvetage ».
De leur côté, les États membres et Frontex doivent « renforcer les opérations proactives de recherche et de sauvetage en fournissant suffisamment de navires et d'équipements spécifiquement dédiés aux opérations et au personnel de recherche et de sauvetage, le long des itinéraires où ils peuvent contribuer efficacement à sauver des vies » et « utiliser pleinement tous les navires capables de participer aux opérations de recherche et de sauvetage, y compris les navires exploités par les ONG ».
Les navires des ONG et la marine marchande « ne devraient pas se substituer au respect par les États membres et l'Union de leurs obligations en matière de recherche et de sauvetage », souligne encore le projet de texte, qui demande que soit mise en place « une mission européenne globale de recherche et de sauvetage, mise en œuvre par les autorités compétentes des États membres et par Frontex ».
La Commission, les États membres et Frontex devraient aussi veiller à « ce que le débarquement n'ait lieu que dans un lieu sûr, conformément au droit international et au droit de l'Union applicables, et veiller à ce que ce port soit le port sûr le plus proche disponible pour le débarquement ».
Danger pour les migrants et les ONG en Libye
Dans un communiqué publié le 10 juillet, SOS Méditerranée et la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) ont alerté sur les tirs qu’elles ont subis en provenance des garde-côtes libyens le 7 juillet, lors d'une opération de sauvetage en mer. La FICR et SOS Méditerranée « appellent tous les gouvernements à faire en sorte que les humanitaires puissent apporter une aide vitale en mer sans risquer leur vie ».
Lien vers le projet de résolution : https://aeur.eu/f/803 (Solenn Paulic)