Lors de la première réunion ministérielle informelle sous Présidence espagnole, à Valladolid, en Espagne, les ministres européens de l’Énergie et de l’Environnement ont dédié leur deuxième journée de discussions, mardi 11 juillet, à la préparation de la COP28 (voir autre nouvelle) ainsi qu'à la contribution du secteur de l’énergie à la réduction des émissions globales et l’atteinte de l’objectif de 1,5 degré de réchauffement. Les délégations se sont également réunies en marge de la réunion pour examiner quel rôle peut avoir l'énergie nucléaire pour décarboner l'UE.
Les revendications des ministres européens concernant la contribution du secteur de l'énergie aux efforts climatiques sont multiples : le secteur doit réduire significativement ses émissions de gaz à effet de serre liées à la production, mettre fin aux fuites de méthane d'ici 2030 (EUROPE 13087/24) ainsi qu’au torchage du gaz (sauf lorsque des conditions de sécurité ne peuvent être garanties) et électrifier davantage sa production.
Investissement dans les énergies renouvelables
Les ministres s’attendent ensuite à ce que les entreprises énergétiques investissent davantage dans les énergies renouvelables. À ce sujet, la ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, a évoqué la mise en place d’un objectif d’énergie renouvelable mondial, déjà avancé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
« Cela peut être intéressant à explorer : comment peut-on peut déployer de manière efficace et rapide des solutions énergétiques disponibles et durables ? (...) Ce sont des solutions qui ne dépendent pas seulement d’équipements techniques, mais aussi des réseaux, des capacités pour installer et connecter, avec des coûts qui peuvent différer d’une région à l’autre », a-t-elle indiqué devant une poignée de journalistes.
Alliance du nucléaire
Selon des pays comme la France, il est important d’avancer dans les objectifs d’énergie renouvelable afin de lutter contre le changement climatique, « mais il faut également tenir compte de l’ensemble des énergies décarbonées. Cela inclut le nucléaire », a indiqué le cabinet de la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, avant la réunion informelle.
Sur ce point, la France a organisé, en fin de journée, une réunion de l''Alliance du nucléaire', réunissant plus d'une dizaine de pays, « plus ou moins similaires » à ceux présents lors de la dernière réunion (EUROPE 13183/10), ainsi que la commissaire européenne à l'Énergie, Kadri Simson, afin de « rappeler l'importance de l'énergie nucléaire pour décarboner l'UE » et de demander à la Commission européenne et à la Présidence espagnole « de bien inclure l'énergie nucléaire dans l'ensemble des textes pertinents en préparation et en discussion ».
Une réunion des 'Amis du renouvelable', comprenant 12 pays, a également eu lieu dans la soirée, présidée par l'Autriche, qui s'oppose à la vision de la France (cette dernière n'ayant pas été invitée). La ministre espagnole a confirmé sa présence à ces deux réunions en marge de la réunion informelle.
Réforme du marché de l'électricité
Concernant la réforme du marché de l’électricité, Teresa Ribera a indiqué que le sujet n’était pas à l’ordre du jour, mais qu'il était possible que des discussions prennent forme « dans les couloirs ».
Elle assure, enfin, que le dossier est une des priorités de la Présidence espagnole qu’elle a qualifiées de « pertinentes pour la réponse européenne à la crise, telles que les discussions sur les matières premières critiques, la décarbonation de l'industrie ou la compétitivité du tissu industriel européen ». (Pauline Denys)