À moins de cinq mois de la COP28, les ministres européens de l’Environnement et de l’Énergie ont accueilli, mardi 11 juillet à Valladolid, son président controversé, le Sultan Al-Jaber, pour discuter de la mise en œuvre des engagements de l'Accord de Paris et des prochaines étapes à prévoir pour l'action climatique.
En vue de la conférence onusienne, qui se tiendra en décembre à Dubaï (Émirats arabes unis), la ministre espagnole de la Transition écologique et du Défi démographique, Teresa Ribera, a fait de cette deuxième journée de réunion ministérielle informelle (EUROPE 13218/4), sous sa présidence, un moment privilégié où les ministres de l'Union européenne, de la Norvège, de l'Islande et de la Suisse ont eu l'occasion de faire le point sur l'état des négociations, sur les préoccupations et les priorités des Européens.
À l’issue d’une session qu’elle a jugée très « productive », Mme Ribera s'est montrée convaincue de l’engagement et de la conviction qui animent le sultan Al-Jaber. « Il a présenté sa proposition de travail, conforme à ce que nous pensons tous », a-t-elle affirmé en ce sens.
Et d'ajouter: « Le président de la COP28 est une personne qui travaille sur les questions climatiques et énergétiques depuis vingt ans. Il a activé dans son pays l'un des plus grands fonds d’investissement au monde dans le déploiement des énergies renouvelables et la diversification des solutions énergétiques ».
La ministre espagnole a jugé, par conséquent, le Sultan Al-Jaber compétent à l’égard de ce processus nécessaire à la transition verte et pour lequel il aurait exprimé un « engagement très fort ». « Il estime que le devoir qui lui a été confié est de montrer qu'un petit pays à l'histoire récente peut contribuer à la résolution des problèmes mondiaux et nous a précisé certaines des propositions qu'il juge essentielles pour progresser dans la décarbonation du secteur pétrolier et gazier », a en outre rapporté Teresa Ribera.
Dans le même temps, la ministre espagnole a toutefois nuancé sa confiance à l'égard de la présidence de la COP28 : « Nous devons respecter son message, mais nous devons aussi l'accompagner et nous assurer que l'engagement qu'il annonce peut réellement se matérialiser au fil du temps ».
Cet aperçu a ainsi permis aux ministres de l'Union européenne de réagir et de faire part à leur tour des preuves de l'engagement européen, « depuis des années », dans la lutte contre le changement climatique, qui s'est traduit dans ses politiques tant intérieures et qu'étrangères. Les ministres ont exprimé leur volonté de « construire des ponts » non seulement avec les autres pays de l'OCDE, mais également avec les grandes économies émergentes.
Sur ce dernier point, la recherche d'une plus grande efficacité a été évoquée pour soutenir les États les plus vulnérables face à la crise climatique. Une position qui fait écho aux déclarations tenues par le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, en amont des débats. « Les pays du Pacifique, qui sont littéralement menacés de disparition, ont besoin de notre soutien et d'une coopération mondiale. J'étais récemment en Chine (EUROPE 13215/9) pour convaincre les Chinois de travailler en étroite collaboration avec nous et je dois dire que leur réponse a été positive », a-t-il ainsi déclaré, appelant par ailleurs les principaux émetteurs, membres du G20, à « en faire davantage ».
« Nous devons rallier tout le monde à une trajectoire ambitieuse et réaliste vers Dubaï et je suis sûr que nous y parviendrons avec l'aide des États membres », a enfin encouragé le vice-président de la Commission chargé du Pacte vert européen. (Nithya Paquiry)