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Bulletin Quotidien Europe N° 13219
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Le président Erdoğan donne son accord pour faire avancer le processus d'adhésion de la Suède

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé, lundi 10 juillet dans la soirée, que le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, avait donné son accord pour transmettre le protocole d'adhésion de la Suède à l'Alliance atlantique à la Grande Assemblée nationale dès que possible et d'en assurer la ratification.

Dans une déclaration en sept points publiée à l'issue de rencontres à Vilnius entre le président et le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, en différents formats, mais aussi avec le président du Conseil européen, Charles Michel - avec qui il est convenu de « redynamiser » les relations UE-Turquie -, la Suède et la Turquie annoncent un renforcement de leur coopération dans la sécurité et la lutte contre le terrorisme. L'OTAN, pour sa part, va intensifier ses travaux dans la lutte contre le terrorisme, notamment en créant le poste de coordinateur spécial pour la lutte contre le terrorisme.

Stockholm et Ankara vont également intensifier leur coopération économique et la Suède s'est engagée à soutenir activement les efforts visant à redynamiser le processus d'adhésion de la Turquie à l'UE, notamment la modernisation de l'union douanière UE-Turquie et la libéralisation des visas.

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/7zw

Redynamiser les relations avec l'UE

En amont des rencontres, M. Erdoğan avait en effet annoncé que son pays soutiendrait cette adhésion si l’UE rouvrait les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE.

« Ouvrez d'abord la voie à l'adhésion de la Turquie à l'UE et, ensuite, nous ouvrirons la voie à la Suède, tout comme nous avons ouvert la voie à la Finlande », a-t-il expliqué.

Les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE sont gelées depuis plusieurs années en raison des problèmes d’État de droit en Turquie.

« Presque tous les membres de l'OTAN sont membres de l'UE. Je m'adresse à ces pays qui font attendre la Turquie depuis plus de 50 ans et je m'adresserai à eux à Vilnius », où se tient, les 11 et 12 juillet, le sommet de l’OTAN, a dit M. Erdoğan. Il a ajouté que l'accord de la Turquie dépendait aussi de la « réalisation des points inscrits dans l’accord tripartite » passé l'an dernier avec la Suède et la Finlande à Madrid.

Interrogé sur le lien fait par M. Erdoğan entre l’OTAN et l’UE, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a précisé que, s’il soutenait les ambitions de la Turquie à devenir membre de l’UE, les conditions que la Suède devait remplir étaient une « liste spécifique » établie à Madrid.

De son côté, la porte-parole de la Commission européenne, Dana Spinant, a rappelé que les processus d’adhésion à l’OTAN et à l’UE étaient « deux processus séparés ». « Il n'est pas possible de lier les deux processus concernant la Turquie et les prochaines étapes de l'élargissement », a-t-elle prévenu.

La Hongrie veut un dialogue approfondi avec la Suède 

De son côté, la ministre hongroise, Judit Varga, s’est montrée dure envers la Suède, lundi matin.

« Il y a un pays qui, pendant de nombreuses années, a attaqué le pays avec des allégations infondées sur l'État de droit, la situation politique, etc. Et maintenant, ce pays vient demander quelque chose à l'Assemblée nationale (hongroise) », a-t-elle souligné à son arrivée au Conseil 'Affaires générales' à Bruxelles.

Selon elle, « un dialogue approfondi est nécessaire pour instaurer une confiance mutuelle ». « Ce n'est pas un secret que les relations entre la Suède et la Hongrie sont aujourd'hui à un niveau très bas. Elles doivent donc être améliorées, mais pour cela, nous avons besoin de l'autre partie », a ajouté la ministre.

La Hongrie n’a pas encore ratifié l’adhésion de la Suède à l’OTAN. (Camille-Cerise Gessant avec Mathieu Bion)

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