« Une approche globale ». C’est à travers le prisme d’une gestion conjointe et intersectorielle que la ministre espagnole de la Transition écologique et du Défi démographique, Teresa Ribera, a annoncé vouloir mener les discussions sur la biodiversité, les sols et l’eau, qui ont initié, lundi 10 juillet à Valladolid, les trois journées de réunion ministérielle informelle dédiées à l’environnement, au climat et à l’énergie.
« Sur les objectifs en matière de biodiversité, pour les générations actuelles et futures, nous voulons éviter d'avoir une vision fragmentée du climat, du sol, de l'eau, de l'air et de la forêt », a déclaré Mme Ribera, estimant qu’une telle division menait à des « situations difficiles ».
Et pour cause : selon la ministre espagnole, une perte de la qualité du sol rend l'agriculture « plus compliquée », ce qui pourrait conduire à des difficultés liées tant à la sécurité alimentaire qu’à la sécurité hydrique. Le programme environnemental soumis par Mme Ribera à ses homologues européens lors des débats de la première matinée ne peut, en conséquence, être décorrélé d’une approche sociale.
« Il s'agit d'un Conseil particulièrement important, dont l'objectif principal est de voir de quelle façon les différentes approches économiques et sectorielles, environnementales, sont considérées afin de déboucher sur une solution qui soit cohérente sur toutes les dimensions », a ajouté Mme Ribera lors de la conférence de presse menée aux côtés du commissaire à l'Environnement, aux Océans et à la Pêche,Virginijus Sinkevičius.
Ce dernier s'est félicité de la dynamique holistique, en rupture totale avec le « travail en silos » mené « depuis les années 1980 », ainsi que l’a rappelé la ministre espagnole.
Une dynamique qui a, par ailleurs, porté l’ensemble des sessions de travail de cette première journée, dont l’après-midi a été dédiée à la pollution plastique dans les océans et à une promotion des énergies renouvelables compatible avec la protection de la biodiversité et le respect des aspirations sociales.
« Nous avons voulu consacrer la journée d'aujourd'hui à la recherche d'une meilleure intégration des décisions, qui aspirent toutes à protéger les citoyens et la société, mais qui ont parfois des difficultés à préserver une vision intégrée », a ainsi précisé Teresa Ribera.
Au cours de son allocution à la presse, la ministre espagnole a également rappelé l'importance d'une loi sur la restauration de la nature alors que le texte, déjà rejeté en commission de l’environnement du PE faute de majorité (EUROPE 13217/4), doit être débattu mardi 11 juillet en séance plénière à Strasbourg (EUROPE 13218/11). Et tandis que l'Espagne, comme le reste de l'Europe, connaît des records de température, Mme Ribera a souligné que ce texte répondait aux objectifs directeurs du 'Pacte vert européen' et qu'il constituerait « un élément clé pour la prospérité européenne ». Des propos corroborés par Virginijus Sinkevičius, qui a déclaré de son côté que cette proposition « ambitieuse » était « néanmoins nécessaire afin de restaurer nos écosystèmes et l'équilibre ». Et de préciser qu'« il n'y aura pas de nouvelles propositions de texte si la proposition actuelle est rejetée ».
Le 11 juillet, les ministres de l'Environnement et de l'Énergie de l'UE se retrouveront pour une session mixte sur la conférence annuelle des Nations unies sur le changement climatique (COP28) qui se tiendra à Dubaï du 30 novembre au 12 décembre 2023 en présence du futur président de la conférence, le Sultan Al-Jaber.
Le lendemain, les ministres se réuniront pour discuter des défis liés à la réalisation d'un marché intérieur de l'énergie intégré et numérisé, en abordant les interconnexions, la gestion de la demande et le stockage. (Nithya Paquiry)