Le sort de la proposition de règlement de l'UE sur la restauration de la nature sera de nouveau en jeu la semaine prochaine, lors de la session plénière du Parlement européen, avec un débat prévu mardi 11 juillet et un vote mercredi 12. Ainsi en a décidé la conférence des présidents des groupes politiques (CoP) du Parlement.
Malgré le vote de rejet de la commission de l'environnement, de la santé et de la sécurité alimentaire (ENVI) le 27 juin (EUROPE 13210/6), le vice-président du groupe S&D, responsable du 'Pacte vert européen', le Néerlandais Mohammed Chahim, et le rapporteur espagnol, César Luena, du même groupe, se disaient confiants, jeudi 6 juillet, dans la possibilité d'un vote favorable.
Les députés seront amenés à se prononcer d'abord sur une motion de rejet (incontournable pour que le Parlement européen prenne position). Les sociaux-démocrates estiment qu'elle pourrait être rejetée. Si tel est le cas, 129 amendements émanant des différents groupes politiques devraient être votés « en une heure, une heure et demie ».
« Je suis très optimiste. Certaines délégations des groupes PPE et CRE ne voteront pas avec leur groupe. Je pense que nous avons les chiffres (nécessaires à la majorité : NDLR) », a déclaré Mohammed Chahim en conférence de presse. Et d'insister sur l'enjeu de cette future législation : « La restauration de la nature et la lutte contre le changement climatique sont les deux faces d'une même médaille ».
12 amendements S&D issus des 30 compromis soutenus par 4 groupes. César Luena a déposé, au nom du groupe S&D, 12 amendements issus des compromis qui avaient été négociés entre les groupes S&D, Renew Europe, Verts/ALE, La Gauche « et même avec le PPE » (EUROPE 13197/7), avant que celui-ci se retire des négociations fin mai (EUROPE 13191/22).
La position du Conseil défendue par Renew Europe. Les libéraux du groupe Renew Europe, qui étaient divisés, mais voulaient absolument un vote en plénière (EUROPE 13200/21) proposent comme amendements la position du Conseil de l'UE ('l'orientation générale' ou position de négociation avec le Parlement) telle qu'arrêtée par les ministres de l'Environnement le 20 juin dernier (EUROPE 13205/12).
« C'est une bonne décision, car les gouvernements PPE l'ont soutenue au Conseil. Et c'est une solution pour certains membres libéraux et PPE », a estimé César Luena. Il a réitéré sa volonté de négocier « jusqu'au bout » avec le PPE.
Le groupe PPE, soutenu par les groupes CRE et ID, continue de vouloir que la Commission européenne retire sa proposition et revoie sa copie.
César Luena a indiqué qu'il attendait de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, chrétienne-démocrate comme l'est Manfred Weber, président du groupe PPE, « qu'elle s'exprime publiquement avant le vote ». (Aminata Niang)