Les députés des commissions des affaires économiques et monétaires (ECON) et de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen ont échangé, jeudi 6 juillet, sur les nouveaux critères de taxonomie avec Mairead McGuinness, commissaire aux Services financiers.
Mardi 27 juin, un nouvel acte délégué, visant à établir de nouveaux critères, a été formellement adopté par la Commission européenne et doit être examiné par le Parlement européen et le Conseil de l’UE (EUROPE B1320014). Ce texte inclut en particulier de nouvelles activités de transport et de fabrication. La taxonomie devient ainsi complète, car elle couvrira l'ensemble des six objectifs climatiques et environnementaux définis par la Commission européenne. Mais ses critères peuvent être révisés, supprimés ou ajoutés pour refléter les derniers développements technologiques.
Les eurodéputés se sont réjouis de l’ajout de ces nouveaux critères. « La taxonomie couvre désormais 90% du total des émissions de CO2, cela signifie que nous y sommes presque arrivés », s’est félicité Pascal Canfin (Renew Europe, français).
Mais ces nouveaux critères ont tout de même fait l’objet de critiques. Sirpa Pietikäinen (PPE, finlandaise) a regretté que « la taxonomie IV ne soit toujours pas suffisamment tournée vers l'avenir ». « Cela s'est clairement manifesté, par exemple, dans les secteurs du transport maritime et de l'aviation, où nous aurions dû placer la barre plus haut par rapport à ce qui existe déjà et à ce qui est en train de se faire », a développé Mme Pietikäinen.
« Nous sommes allés plus loin et j'espère que cela a été reconnu, mais nous avons beaucoup de travail à faire dans ces secteurs », a reconnu Mme McGuinness.
De son côté, Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais) a alerté sur les risques d'écoblanchiment (greenwashing), notamment en ce qui concerne les activités de transition. « Les activités de transition sont définies dans la loi comme une transition, ce qui signifie qu'au fil du temps, nous devons vérifier si elles sont toujours adaptées à l'objectif », a-t-il rappelé. Il craint que la notion de « contribution substantielle à l'un des objectifs environnementaux » soit oubliée. « J'ai l'impression que la taxonomie se transforme de plus en plus en une taxonomie 'si vous faites du vert, on vous appellera vert' », a-t-il alerté.
Mme McGuinness a accueilli avec intérêt la critique, assurant que la Commission fera attention à cela et qu’elle actualisera le texte dans trois ans, comme prévu.
Lire les actes délégués (en anglais) : https://aeur.eu/f/7yj ; https://aeur.eu/f/7yk (Anne Damiani)