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Bulletin Quotidien Europe N° 13220
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Les Alliés promettent d'inviter l’Ukraine à une adhésion sous conditions

Les Alliés ont décidé, mardi 11 juillet, d’inviter l’Ukraine à devenir membre de l’OTAN quand les conditions - non définies - seront remplies.

« Nous serons en mesure d'inviter l'Ukraine à rejoindre l'Alliance lorsque les Alliés seront d'accord et que les conditions seront remplies », souligne leur déclaration publiée à l'issue de la première journée du sommet de l'OTAN à Vilnius.

Une formulation qui n’a pas plu au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui n’a pas manqué de réagir sur Twitter. Alors que les Alliés discutaient de la formulation à adopter sur l’Ukraine, le président ukrainien a fait part de sa déception. « Cette formulation concerne l'invitation à devenir membre de l'OTAN, et non l'adhésion de l'Ukraine. C’est sans précédent et absurde qu'aucun calendrier ne soit fixé ni pour l'invitation ni pour l'adhésion de l'Ukraine », a-t-il souligné, alors que les Alliés discutaient de la formulation.

Selon M. Zelensky, des « termes vagues » concernant les « conditions » ont été ajoutés, « même pour l'invitation de l'Ukraine ». « Il semble qu'il n'y ait aucune volonté d'inviter l'Ukraine à l'OTAN ou d'en faire un membre de l'Alliance », a-t-il regretté.

Malgré le coup de pression de M. Zelensky, la déclaration n’a pas changé, selon le Premier ministre belge, Alexander de Croo. Le texte comprend des éléments de langage souhaités par l’Ukraine, tels qu’une invitation ou encore la voie vers une future adhésion, qui n’était pas évidente pour certains alliés au début des négociations.

De plus, le texte précise que « l'avenir de l'Ukraine est dans l'OTAN ». Selon M. De Croo, il y a « peu de doutes sur l'objectif final ». « Quand on lance une invitation, ce n'est pas le but d'inviter quelqu'un et puis dire qu'il ne sera jamais membre de l'Alliance », a-t-il expliqué. 

Aucune condition précise à remplir pour que l’Ukraine soit invitée à adhérer n’est mentionnée dans le texte adopté – ce débat devra avoir lieu entre les Alliés, selon une source -, mais la déclaration précise que « les Alliés continueront de soutenir et d'examiner les progrès de l'Ukraine en matière d'interopérabilité ainsi que les nouvelles réformes démocratiques et du secteur de la sécurité qui sont nécessaires ». Des éléments mentionnés par M. Stoltenberg devant les médias.

De plus, « tous les Alliés sont d’accord sur le fait que, lorsqu’il y a une guerre en cours, ce n’est pas le moment de faire adhérer l’Ukraine », a-t-il rappelé. Si l’Ukraine était membre de l’Alliance, elle pourrait déclencher l’article 5.

Au-delà de cet engagement, les dirigeants ont décidé de supprimer la nécessité d’un plan d'action pour l'adhésion (MAP) de l’Ukraine, contrairement à ce qui avait été annoncé lors du sommet de Bucarest en 2008. Ce programme porte sur l’interopérabilité et la compatibilité des valeurs des pays candidats avec l’Alliance. « Le processus d'adhésion de l'Ukraine passera ainsi d'un processus en deux étapes à un processus en une étape », a précisé le secrétaire général de l’OTAN.

Les Alliés ont également adopté un « ensemble substantiel de mesures de soutien politique et pratique élargies », selon la déclaration. Ils sont notamment convenus de poursuivre le développement du cadre du paquet global d'assistance (CAP) pour en faire un programme pluriannuel pour l'Ukraine. « L'aide fournie contribuera à la reconstruction du secteur ukrainien de la sécurité et de la défense et à la transition de l'Ukraine vers une interopérabilité totale avec l'OTAN », précise la déclaration, ajoutant que les Alliés continueraient de financer ce CAP de « manière soutenue et prévisible ».

Selon M. Stoltenberg, ce programme d’assistance permettra aussi de couvrir les besoins critiques de l’Ukraine tels que le carburant, l'équipement de déminage et les fournitures médicales.

De plus, comme annoncé, la Commission OTAN/Ukraine va devenir un Conseil OTAN/Ukraine « afin de faire progresser le dialogue politique, l'engagement, la coopération et les aspirations euroatlantiques de l'Ukraine à l'adhésion à l'OTAN », selon la déclaration. Le Conseil permettra des consultations, des prises de décisions et des activités communes, et servira également de mécanisme de consultation en cas de crise entre l'OTAN et l'Ukraine. La réunion inaugurale est prévue pour ce vendredi, en présence du président ukrainien.

M. Zelensky a également rappelé le soutien que les Alliés apportaient déjà à l’Ukraine. À son arrivée au sommet, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé l’envoi de missiles de longue portée 'Scalp' à l’Ukraine. Les premiers auraient déjà été envoyés sur le terrain. Ces missiles frapperont à une distance de 250 km afin de répondre à la capacité de frappe russe dans la profondeur, selon une source.

L'Allemagne, pour sa part, a annoncé 700 millions d'euros d'armes supplémentaires, notamment des lanceurs pour le système de défense antiaérienne Patriot, des véhicules blindés, des chars Leopard 1 et des projectiles d’artillerie.

Par ailleurs, le G7 et les pays qui le souhaitent devraient annoncer des engagements de sécurité pour l’Ukraine, à titre bilatéral, vendredi. Concrètement, ils devraient adopter un document-cadre, sur la base duquel ceux qui le souhaitent prendront des engagements selon leurs moyens.

Augmenter les dépenses de défense

Au-delà du soutien à l'Ukraine, les Alliés se sont engagés à renforcer l'Alliance, en approuvant des plans de défense.

Ils ont également approuvé les plans de défense « les plus complets depuis la fin de la guerre froide », selon M. Stoltenberg, ajoutant que les plans étaient conçus pour contrer les deux principales menaces auxquelles les Alliés sont confrontés : la Russie et le terrorisme. « Dans le cadre de nos nouveaux plans, l'OTAN vise à disposer de 300 000 soldats à un niveau de préparation élevé, ainsi que d'une puissance aérienne et navale substantielle », a précisé le secrétaire général de l'OTAN.

De plus, les dirigeants ont approuvé un nouveau plan d'action pour la production de défense, qui permettra « d'accélérer les acquisitions conjointes, de stimuler l'interopérabilité et de générer des investissements et des capacités de production », selon M. Stoltenberg.

Les dirigeants des pays alliés ont aussi pris « l'engagement durable d'investir chaque année au moins 2% de notre produit intérieur brut (PIB) dans la défense ». « Il est urgent de faire davantage pour respecter durablement nos engagements en tant qu'Alliés de l'OTAN, notamment pour répondre aux besoins de longue date en équipements majeurs et aux objectifs de capacité de l'OTAN, pour financer les nouveaux plans de défense et le nouveau modèle de forces de l'OTAN ainsi que pour contribuer aux opérations, aux missions et aux activités de l'OTAN », précisent les Alliés. De plus, selon eux, « dans de nombreux cas, des dépenses supérieures à 2% du PIB seront nécessaires pour remédier aux insuffisances existantes et répondre aux besoins dans tous les domaines découlant d'un ordre de sécurité plus contesté ».

Le chemin est encore long pour atteindre les 2%. En 2023, seuls 11 Alliés ont atteint ce chiffre (EUROPE 13218/2). À son arrivée au sommet, M. De Croo a rappelé que son pays arrivera à ce pourcentage en 2035. De son côté, la Premiere ministre estonienne, Kaja Kallas, a exhorté ses partenaires alliés à aller plus vite pour atteindre cet objectif. « En 1988, tous les alliés atteignaient les 2%, car la menace était réelle. La menace est réelle aujourd’hui », a-t-elle prévenu.

Par ailleurs, les Alliés ont annoncé qu'après Washington en 2024, le sommet 2025 de l'OTAN se tiendrait aux Pays-Bas.

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/80i (Camille-Cerise Gessant)

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