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Bulletin Quotidien Europe N° 13218
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Ukraine, dépenses, défense et dissuasion et adhésion de la Suède au sommet de Vilnius

Les dirigeants des pays alliés se retrouveront mardi 11 et mercredi 12 juillet à Vilnius pour leur premier sommet à 31 alliés.

Rapprocher l'Ukraine de l'Alliance

Lors du sommet, les chefs d'État ou de gouvernement devraient renforcer la coopération avec l’Ukraine. « Nous rendrons l'Ukraine encore plus forte et nous définirons une vision pour son avenir », a annoncé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, vendredi 7 juillet. 

Les Alliés devraient convenir d’un programme d’assistance pluriannuel qui devrait permettre d'assurer une interopérabilité totale entre les forces armées ukrainiennes et l'OTAN. L’Alliance aidera l'Ukraine à renforcer son secteur de la sécurité et de la défense, notamment par la mise en place d'hôpitaux militaires, ou encore à passer des équipements et des normes de l'ère soviétique à ceux de l'Alliance.

L’OTAN veut également renforcer ces liens politiques avec l’Ukraine, en créant le Conseil OTAN-Ukraine. Le tout premier Conseil se tiendra mercredi 12 juillet, en présence du Président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Contrairement à la commission OTAN-Ukraine, au sein du Conseil, les Alliés et l’Ukraine seront sur un pied d’égalité. Il s'agira d'une plateforme de consultation et de prise de décision en cas de crise, a précisé le secrétaire général.

Enfin, les dirigeants devraient réaffirmer que l’Ukraine deviendra membre de l’OTAN « et qu'ils s'unissent sur la manière de rapprocher l'Ukraine de son objectif », selon M. Stoltenberg. L’ambition des Alliés n’est pas de répéter la déclaration de Bucarest de 2008, qui promettait une adhésion future de l’Ukraine, a répété une source.

Selon une source de l’Élysée, si les Alliés sont d’accord sur cette adhésion future, « toutes les discussions portent sur les termes, les modalités et les conditions sous lesquelles l’adhésion pourrait avoir lieu ». 

Vendredi, les discussions étaient toujours en cours sur la formulation qui pourrait être adoptée. Le secrétaire général s’est cependant dit « confiant » que les Alliés trouveront une « voie unifiée » sur la question de l’adhésion. Une source élyséenne a estimé qu’il y avait un « bon niveau de convergence entre Alliés ».

Des garanties de sécurité ne seraient pas sur la table des discussions.

Renforcer l'Alliance

Au-delà du soutien à l’Ukraine, les Alliés devraient prendre des décisions pour renforcer leur dissuasion et leur défense, avec l’adoption de trois nouveaux plans de défense régionaux, pour contrer « les deux principales menaces qui pèsent sur l’Alliance : la Russie et le terrorisme », selon M. Stoltenberg.

Un plan concernera le Nord, l’Atlantique et l'Arctique européen, un autre le centre, couvrant la région de la Baltique et l'Europe centrale, et enfin, un plan pour le sud couvrant la Méditerranée et la mer Noire.

Ces plans, qui sont classifiés, décrivent les principales menaces, les moyens nécessaires pour défendre chaque région et les modes d’action utilisés par l’Alliance pour se défendre.

« Cela permettra d’avoir des plans généraux et, si une menace se développe, on les remettra à jour », a précisé une source de l’Élysée. De tels plans n’avaient pas été actualisés depuis 1999. Une source élyséenne s’est dite d’un « optimisme confiant » quant à l’adoption des plans, alors que la Turquie pourrait les bloquer.

Les dirigeants devraient en outre adopter un plan d'action pour la production de défense afin d'agréger la demande, de stimuler les capacités et d'accroître l'interopérabilité.

Objectif des 2%

Les chefs d'État ou de gouvernement devraient également prendre un engagement plus ambitieux en matière d'investissement dans la défense, « à savoir investir chaque année au moins 2% du produit intérieur brut dans la défense ». Les discussions seraient encore en cours sur la formulation agréée à ce propos. Le secrétaire général a appelé à plusieurs reprises à faire en sorte que les 2% du PIB investis dans la défense ne soient pas un plafond, mais un plancher.

Vendredi, l’OTAN a révélé les nouveaux chiffres d’investissements des Alliés. En 2023, ces derniers (Europe et Canada) devraient augmenter leurs dépenses de 8,3%, soit « la plus forte augmentation enregistrée depuis des décennies », selon M. Stoltenberg. « Les Alliés européens et le Canada auront donc investi plus de 450 milliards de dollars américains supplémentaires depuis que nous avons pris notre engagement en matière d'investissement dans la défense en 2014 », s’est-il réjoui.

11 Alliés dépassent la barre des 2% cette année : la Pologne (3,90%), les États-Unis (3,49%), la Grèce (3,01%), l'Estonie (2,73%), la Lituanie (2,54%), la Finlande (2,45%), la Roumanie (2,44%), la Hongrie (2,43%), la Lettonie (2,27%), le Royaume-Uni (2,07%) et la Slovaquie (2,03%). Le secrétaire général de l’OTAN a dit s’attendre à ce que ce nombre augmente considérablement l'année prochaine. L’accord du sommet de 2014 prévoyait que les Alliés atteignent les 2% d’ici 2024.

Au total, les Alliés ont dépensé 1 100 milliards de dollars, dont 743 milliards pour les États-Unis.

Par ailleurs, lors du sommet, une session de travail se tiendra en présence des dirigeants de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Japon et de la Corée du Sud et de l’UE.

Poursuite des discussions sur l'adhésion de la Suède

En amont du sommet, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, et le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, devraient se rencontrer lundi 10 juillet dans l’après-midi, à Vilnius, pour discuter de l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Tous les Alliés, hormis la Turquie et la Hongrie, ont ratifié cette adhésion.

Vendredi, le président turc a annoncé que son pays discutera avec ses partenaires mardi, lors du sommet, et qu'il prendra « la meilleure décision, quelle qu’elle soit » concernant la Suède.

Voir les dépenses des Alliés en termes de défense : https://aeur.eu/f/7z6  (Camille-Cerise Gessant)

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