La commissaire européenne à l’Energie, Kadri Simson, a mentionné l’importance du développement des énergies renouvelables pour assurer la sécurité d’approvisionnement en énergie (EUROPE 13138/8), lors d’une session de questions-réponses en séance plénière du Parlement, mardi 14 mars.
Les questions des députés ont notamment porté sur la proposition de réforme du marché européen de l’électricité, présentée par la Commission le jour-même (EUROPE 13141/1), en mettant précisément l’accent sur le développement accéléré des énergies renouvelables pour assurer l’approvisionnement énergétique en Europe.
« Notre seul moyen durable d'offrir des prix abordables et relativement bas aux consommateurs est d'accélérer l'utilisation des énergies renouvelables », a déclaré Kadri Simson, en réaction à une question de Dan Nica (S&D, roumain) portant sur les craintes d’une nouvelle dépendance à l'égard des importations étrangères pour le développement des énergies renouvelables, comme pour les turbines et les panneaux solaires. La commissaire a tenté de rassurer : « Cette question sera abordée (cette semaine) avec notre Acte pour une industrie ‘zéro émission’ (EUROPE 13135/1), nous devons ramener notre production en Europe ».
Plus spécifiquement, des questions ont concerné l’intégration de l’hydrogène vert pour assurer la sécurité d’approvisionnement. Maria Spyraki (PPE, grecque) a demandé des clarifications concernant la question de l’‘additionnalité’, prévue par un acte délégué visant à fournir une définition d’hydrogène renouvelable, présenté par la Commission le 13 février (EUROPE 13120/6).
Kadri Simson s’est félicitée de la garantie et de la prévisibilité qu’offre cet acte délégué au secteur de l’hydrogène et a rappelé que « rien que l'année dernière, le volume total des projets d'électrolyseurs avant 2030 a augmenté de 17%. Cela montre que l'industrie est de plus en plus confiante quant aux chances du marché européen ». Elle a néanmoins reconnu que le principe d’'additionnalité' ne pouvait pas mettre tout le monde d’accord, mais a indiqué qu’il n’y avait « aucun segment de l’industrie qui s’opposait fondamentalement à (ce) cadre réglementaire ».
Selon la commissaire, l’Union européenne aura besoin de 10 millions de tonnes d’hydrogène vert produit domestiquement d’ici 2030. La proposition de réforme du marché européen de l’électricité a pour objectif de développer les énergies renouvelables, notamment en utilisant des contrats d’achat d’électricité (‘Power Purchasing Agreements’) (EUROPE 13141/1). « Cela devrait également permettre aux projets d’hydrogène de se développer rapidement », a-t-elle assuré.
Il en va de même pour le développement d’autres projets de production d’énergies renouvelables, comme le solaire ou l’éolien. « Les investisseurs pourront financer leurs projets plus facilement s’ils ont l’assurance que, pour 5 ou 10 ans, ils ont des prix fixes sur la table. Cela leur permettra également de fournir des prix prévisibles aux consommateurs finaux ».
Mme Simson a rappelé à plusieurs reprises que, pour pouvoir remplacer le gaz russe qui réside encore dans le mix énergétique de l’Europe, il fallait promouvoir les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables, qui ont permis d'économiser 11 milliards de mètres cubes de gaz l’année dernière. Elle encourage donc à conclure les trilogues sur la directive ‘énergies renouvelables’ (EUROPE 13136/2). Par ailleurs, elle se félicite des mesures prises pour promouvoir les économies d’énergie dans le cadre des négociations sur la directive 'efficacité énergétique', conclues le 10 mars (EUROPE 13139/11). (Pauline Denys)