Les différents groupes au Parlement européen se réjouissent des procédures de permis accélérées pour les projets de technologies propres qui devraient être comprises dans le règlement pour l'industrie 'zéro émission nette'. Ils ont adressé ce message à la Commission européenne lors d'un débat à Strasbourg, mercredi 15 mars. Pour autant, les groupes se divisent en deux camps s'agissant des autres leviers d'action de l'UE pour renforcer sa compétitivité avec une séparation entre les groupes PPE, CRE et ID et les autres.
Pour ces groupes de droite, l'UE ne peut pas concurrencer les États-Unis ou la Chine, car son arsenal réglementaire est trop lourd et dissuade les investisseurs. De même, les critiques envers le 'Pacte vert européen' et ses obligations se font de plus en plus entendre au PPE. L'eurodéputée Esther de Lange, par exemple, a regretté que « l'attention ait été jusqu'ici trop portée sur le 'Pacte vert' », lors d'une conférence de presse en amont du débat.
Si elle a salué la volonté de la Commission européenne de réduire les délais maximums pour les procédures d'autorisation de nouveaux projets industriels verts, elle a mis en garde contre les barrières de type écologique. « Venant d'un petit État membre, je peux vous dire que, si je dois choisir entre protéger un escargot qui est abondamment présent dans d'autres zones Natura 2000 et faire sortir de terre un projet d'hydrogène vert qui protège l'industrie et l'emploi, j'opterai pour le projet d'hydrogène, qui est absolument nécessaire en Europe ».
Chez les autres groupes centristes (Renew Europe, S&D, Verts/ALE), mettre la faute sur le 'Pacte vert' et ralentir certains de ses textes est une erreur. « Certains groupes essaient systématiquement de rabaisser les ambitions. Nous devons maintenir l'unité politique et l'ambition pour être au premier plan de la transition », a insisté Jordi Solé (Verts/ALE, espagnol).
Financement de la transition
Les groupes ne se rejoignent pas tout à fait non plus sur la nécessité de soutenir financièrement les entreprises ni sur la manière de le faire. En revanche, la facilitation des investissements privés rapproche la plupart d'entre eux. Ainsi, la finalisation de l'union des marchés de capitaux apparaît comme cruciale pour beaucoup et le président du Conseil européen, Charles Michel, l'a rappelé. « La capitalisation boursière de l'UE représente moins de la moitié de celle des États-Unis en proportion du PIB. Nous devons combler cet écart et nous connaissons la solution, cela s'appelle l'union des marchés de capitaux ».
Les députés Stéphane Séjourné (Renew Europe, français) et Anna Cavazzini (Verts/ALE, allemande) ont, quant à eux, appelé la Commission à avancer sur l'idée du Fonds de Souveraineté, demandée par le Parlement européen en février (EUROPE 13123/1).
Commerce
Charles Michel a rappelé l'importance des échanges commerciaux pour rendre l'UE compétitive. Il estime que le peu d'accords de libre-échange (ALE) ratifiés ces dernières années doit faire réfléchir sur la méthode de décision, mais aussi le contenu des accords.
Sur le premier aspect, la société civile et les acteurs concernés doivent être davantage impliqués dans le processus, a-t-il indiqué. Et de donner l'exemple de l'accord de commerce et de coopération avec le Royaume-Uni où « il a été possible de travailler vite et bien », selon lui.
Quant aux questions de fond, il a estimé qu'un débat était nécessaire sur l'objectif à atteindre avec les ALE. « Parfois, à vouloir trop embrasser, nous étreignons mal », a-t-il lancé aux députés. Il s'agit d'une référence aux ambitions de l'UE de vouloir diffuser ses valeurs aux pays partenaires et ses normes en matière de respect des droits de l'Homme et de l'environnement. (Léa Marchal)