La France, l’Espagne et le Portugal ont critiqué, mercredi 15 mars, certaines des mesures proposées par la Commission européenne dans le plan d’action sur les écosystèmes marins.
Afin de préparer la réunion des ministres européens de la Pêche, lundi 20 mars à Bruxelles, le Comité des représentants permanents des États membres auprès de l’UE (Coreper) a eu un court débat, mercredi, sur le paquet de propositions non législatives présentées le 21 février par la Commission européenne.
La France et l'Espagne ont déjà publiquement contesté le projet de la Commission visant à éliminer progressivement l’utilisation par les pêcheurs du chalut de fond dans les aires marines protégées (AMP) (EUROPE 13138/33).
Lors du Coreper de mercredi, ces deux pays, de même que le Portugal, ont déploré « l'absence de proportionnalité » de la mesure interdisant les chaluts de fond dans les AMP, de même que les conséquences économiques négatives pour les pêcheurs du fait de ces restrictions.
Cette interdiction, selon ces délégations, poserait des problèmes en matière de « sécurité alimentaire », puisque cela réduirait les captures de produits de la mer par les navires de l'UE et entraînerait une hausse des importations en provenance de pays tiers.
Pour l'Alliance européenne pour la pêche de fond (EBFA), l'interdiction du chalutage mettrait en danger 7 000 navires correspondant à 25% des volumes débarqués dans l'UE et à 38% des revenus totaux de la flotte de l'UE.
La Commission invite les États membres à proposer des recommandations communes et à prendre des mesures nationales pour supprimer progressivement la pêche de fond mobile dans toutes les AMP d'ici à 2030 au plus tard et à ne pas l'autoriser dans celles nouvellement créées. Les premières mesures devraient être prises dès mars 2024 pour les sites Natura 2000.
Approche stratégique. Hervé Berville, le secrétaire d’État français à la Mer, a estimé, le 8 mars, que le fait d’interdire ces chaluts de fond au sein des aires marines protégées serait « une folie pour la souveraineté alimentaire et méconnaîtrait les efforts faits depuis des années par les pêcheurs pour reconstituer les stocks ».
Le ministre espagnol de la Pêche, Luis Planas, a évoqué le 13 mars « le désaccord de l'Espagne et d'autres États membres de l’UE » au sujet de ce plan d’action. Il a souligné la nécessité pour la Commission de procéder à une « analyse approfondie de la situation de la pêche communautaire, avec une véritable approche stratégique de l'avenir du secteur de la pêche, avant d'élaborer un quelconque plan ».
Les ministres de la Pêche de l'UE discuteront lundi des quatre initiatives de la Commission sur la pêche durable : deux rapports de la Commission sur la politique commune de la pêche (PCP) et l’organisation commune de marché (OCM) des produits de la pêche, le plan d’action visant à protéger et restaurer les écosystèmes marins et une communication sur la transition énergétique (EUROPE 13126/1). (Lionel Changeur)