Trois économistes de l’Independent Commission for the Reform of International Corporate Taxation (ICRICT) ont estimé qu’il fallait réformer le système fiscal pour contrebalancer les inégalités économiques et sociales, mardi 14 mars, lors d’une conférence organisée par l’Observatoire européen de la fiscalité, Oxfam France et l’ICRICT.
« Lors de l’ouverture à l’international des économies dans les années 1980, les gouvernements ont fait l’inverse de ce qu’ils avaient promis et ont détaxé les grands gagnants de la mondialisation », a expliqué Gabriel Zucman, directeur de l'Observatoire européen de la fiscalité.
Joseph Stiglitz, professeur d'économie à l'Université de Columbia et prix Nobel d'économie, a souligné qu’« un large consensus se dégage aujourd'hui sur le fait que les inégalités proviennent des règles du jeu ».
Du côté des pays en développement, la situation est « bien pire », a démontré l’Indienne Jayati Ghosh, professeur d'économie à l'Université du Massachusetts à Amherst. En plus de subir les crises économiques internationales, ces pays doivent faire face à une dépréciation de leur monnaie, qui conduit à une fuite des capitaux. Ces États manquent de financement public et leurs populations se retrouvent dans une situation délétère. « La liste du FMI des pays à haut risque de surendettement ne fait que s’allonger », a-t-elle regretté.
« Je ne pense pas qu'il y aura une solution miracle », a estimé M. Stiglitz, mais les économistes ont tout de même abordé quelques solutions. Parmi elles, ils ont mentionné la taxation des superprofits et de la fortune. Pour lutter contre la fuite des grandes fortunes, M. Zucman a évoqué la possibilité de taxer les expatriés, comme le font les États-Unis avec la loi FATCA (EUROPE 13107/22). Il a également parlé d'un accord international pour la taxation des ultra-riches, idée qu'il a défendue dans une tribune aux côtés de nombreux eurodéputés et de millionnaires (voir autre article et EUROPE 13141/33).
« C'est une question de choix », ont-ils conclu. (Anne Damiani)