Pour marquer la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, la session plénière du Parlement européen a invité, mercredi 15 mars, à Strasbourg, la lauréate iranienne du Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi ainsi que l'astronaute italienne Samantha Cristoforetti.
Cette dernière a rappelé les opportunités scientifiques, mais également économiques apportées par le domaine spatial. « J'étais la première femme européenne commandant la Station spatiale internationale, mais certainement pas la dernière. L'an dernier, l’ESA [European Space Agency, NDLR] a sélectionné une nouvelle classe d'astronautes de carrière et de réserve, dont plus de la moitié sont des femmes », a-t-elle déclaré.
Mme Ebadi, quant à elle, a appelé les eurodéputés à ne pas oublier les femmes iraniennes et à « se tenir du bon côté de l'Histoire ». « Veillez à ce que le CGRI, le corps des gardiens de la révolution, soit désigné comme groupe terroriste », a-t-elle demandé.
Présente lors de l’échange, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué les accomplissements des deux invitées, soulignant la nécessité d’avoir des représentantes féminines dans des domaines de pointe et engagées dans la lutte contre les violences de genre. « Le combat et le courage des femmes iraniennes émeuvent et inspirent les femmes du monde entier. Car les défis auxquels nous sommes confrontées peuvent être différents, mais les droits pour lesquels nous luttons sont les mêmes », a-t-elle rappelé. « C'est pourquoi nous nous efforçons de garantir une protection égale à toutes dans tous les pays européens [...] Donnons vie à la toute première loi de l'UE sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique ».
La présidente du PE, Roberta Metsola, a demandé à son tour que l'UE « montre l’exemple », en fixant « des normes en matière de criminalisation de la violence à l’égard des femmes » et en ratifiant la Convention d’Istanbul « avant la fin de ce mandat ».
Les groupes politiques se sont également exprimés. Frances Fitzgerald (PPE, irlandaise) a appelé à mettre un terme à la « fracture numérique entre les genres », rappelant que « 78% des emplois créés à l’avenir » le seront dans les domaines de la technologie. De son côté, Iratxe García Pérez (S&D, espagnole) a réitéré l’importance d’avoir des modèles féminins comme les deux invitées du PE, tout en rendant hommage « aux millions de femmes anonymes qui ont fait l’Histoire ».
Par ailleurs, María Soraya Rodríguez Ramos (Renew Europe, espagnole), Terry Reintke (Verts/ALE, allemande) et Manon Aubry (La Gauche, française) ont évoqué Justyna Wydrzyńska, condamnée la veille à huit mois de service communautaire en Pologne pour avoir aidé une femme victime de violences conjugales à avorter (EUROPE 13097/15). « Inscrivons le droit à l'avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l'UE ! », a martelé Mme Reintke.
Enfin, Assita Kanko (CRE, belge) a encouragé la science à se pencher sur des problématiques telles que les douleurs menstruelles, et Isabella Tovaglieri (ID, italienne) a mis l’accent sur les troubles du comportement alimentaire. (Hélène Seynaeve)