La quatrième audience du procès de Justyna Wydrzyńska, cofondatrice du collectif ‘Abortion Dream Team’, s’est tenue à Varsovie mercredi 11 janvier. Poursuivie pour avoir fourni des pilules abortives à une femme victime de violences conjugales en 2020, elle encourt désormais jusqu’à trois ans de prison.
« Je le referais », a-t-elle défendu lors d’une conférence de presse en amont de l’audience. Le juge a prévu deux audiences supplémentaires, le 6 février et le 14 mars.
Début janvier, les eurodéputées du groupe Renew Europe - Karen Melchior (danoise), Róża Thun (polonaise) et Katalin Cseh (hongroise) - ont adressé une lettre au ministre polonais de la Justice, Zbigniew Tadeusz Ziobro, lui demandant d’abandonner les poursuites. « L'inculpation [de Justyna Wydrzynska] pourrait créer un dangereux précédent », ont-elles mis en garde.
Malin Björk (La Gauche, suédoise), quant à elle, a dénoncé une « chasse aux sorcières médiévale » et appelé la Présidence suédoise du Conseil de l’UE à « adopter une position ferme vis-à-vis du gouvernement polonais, qui utilise ses tribunaux pour saper non seulement les droits des femmes, mais aussi l'État de droit dans son ensemble », dans un communiqué publié par son groupe politique.
Des associations de la société civile avaient également, et une fois de plus, alerté sur l’interdiction de facto de l’avortement en Pologne, lors d’une audition publique au Parlement européen en novembre 2022 (EUROPE 13065/23). (Hélène Seynaeve)