L’embargo de l’Union européenne sur le pétrole russe transporté par bateau et le plafonnement de son prix décidé par l’UE, les pays du G7 (l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni) et l’Australie se sont traduits par un manque à gagner quotidien de 160 millions d’euros pour la Russie, a indiqué le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), un organisme de recherche, dans une note publiée mercredi 11 janvier.
Selon ce document, ces mesures, en vigueur depuis le 5 décembre dernier (EUROPE 13077/20), ont entraîné un recul de 12% des exportations de pétrole brut russe en décembre et une chute de 23% de ses prix de vente, se traduisant en une baisse de 32% des revenus de la Russie issus de son pétrole brut.
Cette baisse devrait en outre s’accentuer avec l’élargissement de l’embargo de l’UE et du plafonnement des prix aux produits pétroliers raffinés à partir du 5 février 2023. Le CREA estime ainsi que ces prochaines mesures, couplées à la réduction des importations de pétrole par oléoduc vers la Pologne, provoqueront une réduction additionnelle des recettes russes d’environ 120 millions d’euros par jour.
Il faut néanmoins noter que les pays formant la coalition pour le plafonnement des prix du pétrole russe ne se sont pas encore accordés sur la manière de traiter les produits raffinés.
D’après un responsable du G7, la coalition cherchera à avoir deux plafonds pour tenir compte du fait que certains de ces produits sont négociés à un prix supérieur et d’autres à un prix inférieur par rapport aux prix de référence.
Par ailleurs, il s’est félicité du fait que le plafonnement n’ait pas provoqué de flambée des prix, qualifiant le mécanisme de « succès massif ».
Au sens du CREA, cela prouve que la coalition dispose encore d’une certaine marge pour abaisser le plafond. « La Russie n’a pas trouvé d’alternative significative aux navires détenus et/ou assurés par les pays du G7 pour le transport du brut et des produits pétroliers russes depuis les ports de la Baltique et de la mer Noire », souligne l’organisation.
Elle évalue à au moins 100 millions d’euros par jour le manque à gagner pour la Russie qui résulterait de l’abaissement du plafond de 60 dollars/baril à 25-35 dollars.
Réaction russe
Face à la baisse des revenus de la Russie issus du pétrole, le ministère russe de l’Énergie a déclaré, mardi 10 janvier, qu’il travaillait sur des mesures supplémentaires pour limiter les rabais sur les prix du pétrole russe par rapport aux références internationales. Le 27 décembre, le président russe, Vladimir Poutine, avait en outre signé un décret qui interdit la fourniture de pétrole brut et de produits pétroliers aux pays de la coalition à partir du 1er février et pour une durée de cinq mois.
Selon les estimations, la Russie tire encore 640 millions d’euros par jour de l’exportation de combustibles fossiles, contre un maximum de 1 milliard d’euros entre mars et mai 2022.
Voir la note : https://aeur.eu/f/4up (Damien Genicot)