login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13085
Sommaire Publication complète Par article 13 / 44
POLITIQUES SECTORIELLES / Interview agriculture

« il faut mettre un terme à cette frénésie d’accords de libre-échange qui détruit l’élevage européen », assène Jean-Pierre Fleury, du Copa-Cogeca

Le président du groupe de travail 'viande bovine' du Copa-Cogeca, Jean-Pierre Fleury, a estimé, jeudi 15 décembre, qu’il fallait « mettre un terme à cette frénésie d’accords de libre-échange entre l’UE et des pays tiers qui détruit l’élevage européen ».

Jean-Pierre Fleury a indiqué à EUROPE que la Commission européenne, « à force de taper sur le secteur de la viande bovine, va finir par détruire l’élevage européen ».

Il s’est alarmé des volumes grandissants de viande bovine importés au sein de l’UE en raison de la politique commerciale de l’UE.

Le volet ‘accès au marché’ de l’accord de Marrakech de 1994 prévoyait un accès minimum au marché pour les produits importés par rapport à la consommation interne : entre 3 et 5% de la consommation de l'UE.

Quand on fait les comptes, la quantité de viande importée par l’Europe serait de 240 à 250 000 tonnes sous contingents, et plus les droits de douane baissent, plus les importations augmentent. Ce volume hors quota représenterait entre 50 et 60 000 tonnes. 4% autorisés par rapport à la consommation européenne représentent 240 000 tonnes (300 000 t si on prend 5%).

Or, si l’on tient compte des nouveaux ou prochains accords (Chili : 2000 tonnes, Mexique : 20 000 t, Mercosur : 99 000 t), qui produiront leurs effets dans les dix prochaines années, la limite de 4% et même celle 5% sera très largement dépassée, avec 350 000 tonnes et une consommation à 6 millions de t en 2032.

« La Commission le sait bien, mais ne le dit pas. Nous sommes en dehors des accords de Marrakech et au-delà des engagements pris de ne pas importer plus de 3 à 5% de la consommation européenne », a martelé M. Fleury.

Il ne voudrait pas « que le Parlement européen et les chefs d’État puissent dire 'on ne savait pas’ ».

De plus, en favorisant les importations, la Commission « détruit un million d’hectares de prairies en faisant rentrer 300 000 tonnes de viande sur le territoire européen ».

Tour de passe-passe. M. Fleury dénonce le fait que la Commission se prépare à faire « un tour de passe-passe » sur la ratification de l’accord avec le Chili (EUROPE 13081/19). Elle proposerait un accord non mixte ‘temporaire’, qui serait ratifié au niveau de l’UE seulement, et « cet accord resterait en place, même si l’accord-cadre global, qui doit faire l’objet d’une ratification par les États membres, était rejeté. Ceci permettrait à la Commission d’endormir les chefs d’État, qui ne pourront pas, malgré une éventuelle opposition, empêcher la ratification du texte par l’UE. Nous ne sommes plus en démocratie ».

Enfin, selon M. Fleury, les ‘clauses miroirs’ ne s’appliquent à aucun accord commercial, il n’y a pas d’interdiction des antibiotiques activateurs de croissance et le contrôle de la déforestation serait uniquement « un affichage de bonne conscience. Tout ceci est de la poudre aux yeux ! » (Lionel Changeur) 

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
POLITIQUES SECTORIELLES
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES