login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13085
CONSEIL EUROPÉEN / Corruption

Roberta Metsola s’engage à présenter « un vaste paquet de réformes » pour restaurer la confiance ébranlée en l'institution

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a confirmé devant les dirigeants réunis en Conseil européen à Bruxelles, jeudi 15 décembre, qu’elle allait présenter, début 2023, un vaste projet de réforme pour restaurer la confiance en l’institution, après l’inculpation de l’eurodéputée Éva Kaïlí pour corruption, blanchiment et organisation criminelle.

Mme Metsola a expliqué aux chefs d’État ou de gouvernement de l’UE comment le PE avait participé à l’enquête menée en Belgique, promettant d’agir énergiquement.

Le paquet de réformes internes visera à renforcer les systèmes de protection des lanceurs d’alerte, à interdire les groupes d’amitiés non officiels et à mettre à jour les règles sur le code de conduite, a expliqué Mme Metsola à la presse. Elle s’est également engagée à examiner de manière exhaustive et profonde « la manière dont nous interagissons avec les pays tiers ».

« Je dirigerai personnellement ce travail et je vais consulter en interne et en externe », a-t-elle insisté.

En répondant à la presse, elle a indiqué que le PE avait fait un énorme travail, « caché par les actions de quelques-uns ». « Nos règles peuvent être revues », mais, au bout du compte, il y a eu des faits de corruption qui ont été mis au jour et les personnes corrompues ont été arrêtées grâce à la coopération du PE avec les autorités belges, a ajouté la chrétienne-démocrate maltaise.

Selon Mme Metsola, des leçons peuvent être tirées au sujet du registre européen de transparence ou de la manière dont les procédures pénales dans les pays de l’UE pourraient être mieux alignées pour s’attaquer à ce type de crimes transfrontaliers.

« Certaines choses qui se sont passées ne doivent pas pouvoir se reproduire », a martelé Mme Metsola. Il faut aussi examiner les activités des ONG inscrites dans le registre de transparence et celles des ONG non inscrites au registre, comme l'association Fight Impunity créée par l'ex-eurodéputé Pier-Antonio Panzeri. Des choses restent à faire sur les frais de voyages et les réunions avec des pays tiers devront être rendues publiques, a-t-elle notamment complété. 

Autres pistes : combler les lacunes au sujet des règles qui s'appliquent aux anciens membres du PE (notamment pour entrer dans les bâtiments du PE).

La présidente du PE a aussi confirmé que les discussions sur la libéralisation des visas avec le Qatar étaient interrompues pour faire une enquête et que des questions se posent sur l'avenir de l’accord aérien entre l’UE et le Qatar.

Ces propositions sont largement reprises dans la résolution qu'a adoptée le PE le jour même à Strasbourg (EUROPE 13085/1).

À son arrivée au sommet européen, le président français, Emmanuel Macron, de retour de Doha où il assistait à la Coupe du monde de football, a préconisé de procéder dans l'ordre : la justice doit d'abord faire son travail sur la base des faits, à la suite de quoi « les mesures adaptées » devront être prises, notamment par le PE.

La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a dépeint un scénario « objectivement inquiétant ». Elle a prôné une réaction « ferme, décisive » pour restaurer « la crédibilité » de l'Union. Nous demanderons probablement que toute la lumière soit faite sur ce qui se passe, a-t-elle ajouté.

Jeudi soir, le Parti socialiste européen (PSE) a officiellement réagi au 'Qatargate'. « La corruption, quelle qu'elle soit, est totalement inacceptable. Ces allégations ont ébranlé la politique européenne dans ses fondements. Le PSE soutient le S&D dans l'enquête interne annoncée », a déclaré son président, Stefan Lofven. Selon lui, au sein de toutes les institutions européennes, « les politiques doivent être réévaluées de manière proactive afin de s'assurer qu'il existe des garanties solides contre la corruption », « toutes les familles politiques » ayant le devoir de participer à ce processus. (Lionel Changeur avec Mathieu Bion)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
POLITIQUES SECTORIELLES
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES