La Commission européenne a convoqué, jeudi 2 juin, le troisième Forum Schengen rassemblant les membres du Parlement européen et les ministres de l'Intérieur des Présidences actuelle et future du Conseil de l’UE pour échanger leurs points de vue sur l'état de l'espace Schengen sur la base du dernier rapport sur l'état de Schengen récemment adopté (EUROPE 12959/19).
Le Forum s’est tenu alors que les États membres seront appelés, le 10 juin prochain, à approuver une orientation générale sur la révision du Code Schengen (EUROPE 12963/6). Jeudi, à ce titre, la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a appelé les États membres à franchir ce pas.
Les discussions au Forum ont porté sur la gestion des frontières extérieures et les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à une gestion efficace des frontières extérieures, selon un communiqué de la Commission. Les participants ont aussi parlé des contrôles aux frontières intérieures à la lumière du récent arrêt de la Cour de justice dans les affaires jointes C-368/20 et C-369/20 (EUROPE 12939/9), soulignant que les contrôles aux frontières intérieures doivent rester une mesure exceptionnelle de dernier recours. Le renforcement de la sécurité intérieure grâce à une coopération policière renforcée était un autre thème de discussion, avec en vue l'interopérabilité des systèmes d’information en 2023.
Déséquilibre
La discussion, jeudi, a été perçue par certains comme étant un peu déséquilibrée et n’ayant accordé qu’une place relativement faible au PE. Différents ministres de l’Intérieur, notamment suédois, auraient souligné l’importance et l’utilité de ces contrôles aux frontières intérieures afin de lutter, par exemple, contre la criminalité, ou encore l’importance de préserver cette compétence des États membres, qui doivent pouvoir décider à leur niveau de réintroduire des contrôles.
Une partie de la discussion aurait aussi porté sur les retours de migrants irréguliers et la nécessité de les augmenter, une action que le PE et son représentant, Juan López Aguilar (S&D, espagnol), n’auraient pas, de leur côté, considérée comme la première priorité. (Solenn Paulic)