Le Conseil de l'UE a semblé quelque peu partagé s'agissant des relations de l'UE avec la Chine, lors d'une réunion des ministres du Commerce à Luxembourg, vendredi 3 juin. Ceux-ci ont abordé les liens UE-Chine dans le contexte mondial actuel et en vue de rééquilibrer la relation.
D'après une source, une partie des ministres a insisté sur le besoin de maintenir un dialogue ouvert avec Pékin, alors que pour d'autres, il faut regarder plus loin que la Chine et réduire la dépendance dans de nombreux secteurs envers ce pays.
Il s'agit aussi de prendre en compte la position de la Chine face à l'invasion de l'Ukraine, a rappelé le ministre français du Commerce, Franck Riester. Celle-ci s'est montrée ambigüe ces derniers mois, y compris lors du sommet UE-Chine, pendant lequel les dirigeants européens ont insisté sur la responsabilité russe, sans grande réponse du côté chinois (EUROPE 12924/1).
Globalement, les États membres s'accordent sur le besoin de rééquilibrer les relations pour permettre une concurrence plus loyale qu'actuellement pour les entreprises européennes en Chine, par exemple. Ils considèrent aussi qu'il faut diversifier les approvisionnements pour limiter la dépendance envers la Chine. Toutefois, certains pays insistent davantage que d'autres sur le besoin de rester pleinement engagés avec la Chine.
« Il est clair que les relations avec la Chine sont de plus en plus complexes, mais nous avons aussi une vision claire quant fait que l'engagement avec la Chine est essentiel. Nous devons être en mesure de parler avec l'un de nos plus grands partenaires commerciaux de problèmes complexes », a souligné Valdis Dombrovskis.
La Commission prévoit en tout cas de tenir dans les prochaines semaines un dialogue de haut niveau sur l'économie et le commerce entre l'UE et la Chine. Alors que l'accord d'investissement entre l'UE et la Chine est gelé, cette plateforme devrait permettre à l'UE de soulever ces inquiétudes auprès de Pékin et essayer de trouver un terrain d'entente, notamment sur la concurrence loyale. Aucune date n'a toutefois été fixée à ce stade pour la tenue de ce dialogue, bien que la Commission européenne ait proposé une date à Pékin, d'après une source. (Léa Marchal)