L’officier aux droits fondamentaux de l’agence Frontex, Jonas Grimheden, a livré, mercredi 16 mars, un bilan relativement positif des actions mises en place par l’agence de garde-côtes et garde-frontières européens pour répondre aux accusations de violations des droits fondamentaux aux frontières extérieures.
Ces accusations avaient conduit le Parlement européen à créer un groupe d’enquête au sein de sa commission des libertés civiles et à produire un rapport avec diverses recommandations (EUROPE 12763/17, 12831/15).
Le responsable, qui travaille depuis quelques semaines avec un officier adjoint aux droits fondamentaux, a ainsi expliqué que la culture est en train de changer au sein de l’agence, avec des rapports d’incidents transmis de manière beaucoup plus automatique avec une fréquence pouvant être « de 5 rapports par mois, voire 5 par jour, selon les périodes », a-t-il expliqué aux membres de la commission des libertés civiles. « Les choses progressent de manière positive », a-t-il résumé sur ce point.
Jonas Grimheden a aussi indiqué avoir obtenu l’embauche de 6 moniteurs supplémentaires chargés de veiller au respect des droits fondamentaux, Frontex devant déjà se doter de 40 agents. Ces recrutements, qui auraient dû intervenir en 2021, sont toujours en cours et 32 agents devraient être dans l’Agence d’ici à deux mois, a-t-il dit. « Je suis confiant que nous serons 40 à la fin de l’année », a ajouté le responsable, reconnaissant dans le même temps que ce nombre reste insuffisant, compte tenu de l’étendue des missions de Frontex.
Les agents des droits fondamentaux ont aussi pu accompagner 25 voyages de retours de migrants en situation irrégulière et ont été déployés récemment à 300 occasions.
L’officier aux droits fondamentaux a néanmoins aussi exprimé des préoccupations. Ainsi, il a expliqué aux députés que certaines recommandations au sujet de mesures visant à atténuer les risques de violation des droits aux frontières extérieures, notamment entre la Lituanie et la Biélorussie, ne sont pas toutes mises en œuvre.
Le délai des enquêtes menées en Grèce, s’agissant d’éventuelles violations des droits des migrants, notamment par Frontex, est long également, a dit M. Grimheden, ajoutant au passage que la direction de Frontex ne lui a pas donné toutes les ressources demandées pour mener à bien des enquêtes.
L’officier aux droits fondamentaux a aussi souhaité que la présence de Frontex et d’agents des droits fondamentaux soit un prérequis à toutes les frontières extérieures de l’UE, et pas seulement une option. (Solenn Paulic)