La Commissaire aux droits de l'homme du Parlement ukrainien, Liudmyla Denisova, a appelé, mercredi 16 mars, à la mise en place d’un « tribunal spécial pour punir les crimes de guerre en Ukraine ».
Devant la sous-commission des droits de l’homme du PE, depuis une cave de Kiev, Mme Denisova, qui tente de recueillir des preuves des crimes commis, a estimé qu’il fallait créer un tribunal de guerre, la Russie s’étant retirée de la Cour pénale internationale. Elle a plaidé pour un deuxième tribunal de Nuremberg pour inclure tous les criminels, sans se limiter au statut de la Cour pénale internationale.
« L’armée russe commet des crimes de guerre sur le territoire ukrainien tous les jours, contre les Ukrainiens, contre la civilisation et toutes les valeurs de la démocratie », a-t-elle expliqué, ajoutant qu’il y avait des « violations cyniques de la convention de Genève » à l’encontre de la population.
Rappelant que les zones résidentielles, les écoles et les hôpitaux étaient bombardés, la Commissaire a expliqué que le nombre de victimes civiles augmentait sans arrêt. « On peut parler d’un génocide actif de la population ukrainienne », a-t-elle estimé, ajoutant que les forces russes utilisaient des armes interdites par les conventions internationales, telles que des munitions thermobariques, des armes à sous-munitions, des bombes au phosphore ou encore des mines antipersonnel. « L’utilisation de ce type de munitions, qui tuent en masse les civils, est un crime contre l’humanité », a-t-elle prévenu.
Selon Mme Denisova, plus de 2 500 maisons ont été détruites, tout comme 300 hôpitaux et 120 écoles. Mme Denisova a estimé que, jusqu’à présent, 20 000 personnes avaient été tuées, dont plus de 2 000 rien qu'à Marioupol. Elle a précisé que, depuis le début de l’invasion russe, le Bureau du procureur ukrainien a commencé une enquête sur la mort de 103 enfants.
La commissaire a en outre souligné les cas de torture, de viols et de pillages - y compris des convois humanitaires. (Camille-Cerise Gessant)