Un groupe de 102 eurodéputés ont adressé une lettre commune à la Commission européenne, mardi 15 mars, afin de lui demander de retirer son projet d’acte délégué complémentaire sur la taxonomie de l’Union européenne, au vu de la nécessité de réduire la dépendance de l’UE à l’égard du gaz fossile russe.
« Le retrait de l’acte délégué permettra de concentrer les investissements sur des sources d’énergie réellement durables et d’accroître ainsi notre indépendance énergétique », estiment les signataires, tout en soulignant que la dépendance de l’Union vis-à-vis du gaz russe « finance la guerre de Poutine ».
Présenté par la Commission début février, l’acte délégué prévoit d’inclure le gaz fossile et l’énergie nucléaire dans la taxonomie – un système de classification visant à déterminer si une activité économique est considérée comme durable sur le plan environnemental afin de guider les investissements privés – en tant qu’activités « transitoires » (EUROPE 12882/1).
Le Parlement, qui dispose de quatre mois pour s’opposer au texte (jusqu’au 11 juillet), est divisé sur la question, en particulier depuis la guerre en Ukraine, qui a mis en évidence la nécessité pour l’UE de sortir de sa dépendance énergétique à l’égard de la Russie.
Pour les députés signataires, « le maintien de l’Acte délégué (…) ne fera qu’accroître davantage la dépendance de l’UE vis-à-vis des importations de gaz russe » et « nuirait à l’efficacité du plan REPowerEU » destiné à renforcer l’indépendance énergétique de l’Union (EUROPE 12911/11).
« Dans la nouvelle perspective de la guerre en Ukraine, il est tout à fait clair que le gaz n’est pas une technologie de transition pour le climat », a ajouté Michael Bloss (Verts/ALE, allemand) mercredi 16 mars, lors d’un entretien en ligne avec quelques journalistes.
Il s’est en outre dit confiant dans la possibilité qu’une motion d’objection à l’acte délégué soit soutenue par une majorité de l’ensemble des membres du Parlement.
Alors que le Parlement peut demander une prolongation de deux mois de la période d’examen du texte, ce cas de figure est moins probable, selon M. Bloss, car cela repousserait le vote après la pause estivale.
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/se (Damien Genicot)