Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays membres de l’OTAN se sont mis d’accord, mercredi 14 avril, sur le début du retrait d’Afghanistan des troupes des Alliés d’ici au 1er mai.
Il y a actuellement près de 10 000 hommes, essentiellement non américains, engagés dans une mission principalement de formation, d'assistance et de conseil.
Quelques heures plus tôt, les Américains avaient confirmé leur départ, avec comme objectif un retrait total pour le 11 septembre, soit 20 ans jour pour jour après les attentats du 11 septembre 2001.
L’accord entre les États-Unis et les talibans de janvier 2020 porte notamment sur le retrait des troupes étrangères d’ici le 1er mai.
Les Alliés discutaient de ce possible retrait depuis plusieurs semaines (EUROPE 12684/18, 12661/4).
« Sachant qu'il n’existe pas de solution militaire aux défis auxquels l’Afghanistan est confronté, les Alliés ont décidé d’entamer le retrait des forces de la mission Resolute Support d’ici au 1er mai », ont annoncé les Alliés dans une déclaration du Conseil de l’Atlantique Nord, estimant que le retrait serait achevé en « quelques mois ». « Nous sommes allés ensemble en Afghanistan, nous nous y sommes adaptés ensemble, et nous allons en partir ensemble », ont-ils rappelé.
Selon eux, ce retrait se fera « de manière méthodique, coordonnée et réfléchie ». Et « toute attaque des talibans contre les troupes alliées pendant ce retrait donnera lieu à une réponse forte », ont également prévenu les Alliés.
« La menace d'Al-Qaida en Afghanistan s'est considérablement dégradée. Oussama Ben Laden a été traduit en justice. Nous avons atteint notre objectif initial. Et nous ne pensons pas que le maintien d'une présence militaire indéfinie en Afghanistan soit dans notre intérêt ni dans celui des États-Unis ni dans celui de l'OTAN et de nos alliés », a justifié le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, à l'issue de la réunion de l'OTAN, tout en expliquant que les Alliés resteraient vigilants face à toute possibilité de résurgence de la menace terroriste en Afghanistan.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a rappelé qu’en presque deux décennies, les troupes alliées avaient empêché l'Afghanistan de servir de refuge aux attaques terroristes contre leurs propres pays, contribué à la mise en place des forces de sécurité afghanes en partant de zéro et aidé à la réalisation de progrès sociaux.
Et si les troupes vont quitter le sol afghan, les Alliés entendent continuer d’appuyer le processus de paix en cours, saluant la tenue de la conférence d’Istanbul sur la paix en Afghanistan, qui débutera le 24 avril prochain en présence de représentants du gouvernement afghan et des talibans. Ils ont aussi appelé le gouvernement afghan et les talibans à respecter leurs engagements à l'égard du processus de paix.
« Le retrait de nos troupes ne signifie pas la fin de notre relation avec l’Afghanistan », ont prévenu les Alliés, ajoutant que ce serait « le début d’un nouveau chapitre ». « La seule façon de soutenir le pays n'est pas de déployer des milliers de troupes de combat dans le pays. (...) Nous avons des outils diplomatiques, nous avons des outils économiques, nous avons le développement, nous avons l'aide humanitaire. Tout cela est à la disposition des Alliés et de l'OTAN pour continuer à apporter un soutien à l'Afghanistan », a expliqué M. Stoltenberg.
Jeudi 15 avril, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Nabila Massrali, a annoncé que l’UE prenait note de cette annonce de retrait. « Compte tenu de cette décision, un engagement ferme et constructif de toutes les parties dans les négociations de paix sera essentiel », a rappelé la porte-parole. Elle a annoncé que l’UE continuerait de travailler conjointement avec les partenaires internationaux pour trouver des moyens d'encourager un règlement politiquement négocié par la poursuite des pourparlers directs entre les parties et que l’UE continuerait à appeler à la fin de la violence, qui reste à un « niveau inacceptable ». (Camille-Cerise Gessant)