La député européenne Kathleen Van Brempt (S&D, belge) a présenté en commission du commerce international (INTA) son projet de rapport d'initiative sur les retombées commerciales de la Covid-19, jeudi 15 avril. Celui-ci a été positivement accueilli par les membres de la commission, qui ont formulé quelques recommandations, tout en remerciant le rapporteur.
Le rapport est divisé en 4 chapitres qui doivent, selon le rapporteur, guider la future politique commerciale européenne. Les questions de développement durable dans le commerce forment la première partie. Viennent ensuite les chaînes de valeur équitables et résilientes, les leçons à tirer de la crise sur le commerce des produits de santé essentiels, et enfin, le multilatéralisme et la position géopolitique de l'UE dans le monde.
Le rapporteur a insisté sur le caractère stratégique du texte, et non technique : « Nous n'évaluons pas des accords commerciaux individuels ou leur progrès. C'est un rapport de niveau stratégique », a-t-elle martelé.
Un peu trop vert pour la droite
Même s'ils ont plutôt bien accueilli le rapport, les députés du PPE et les CRE ont tenu à souligner la trop forte prévalence, selon eux, des questions de commerce et développement durable. Ils ont été plusieurs à considérer que les questions de santé auraient dû avoir une plus grande place dans le texte. « Ce n'est pas que le pacte vert et la durabilité ne soient pas des priorités politiques, mais l'axe principal devrait porter sur les leçons à tirer de l'impact de la pandémie sur le commerce », a par exemple souligné Ánna-Michelle Assimakopoúlou (PPE, grecque).
« Les questions de développement durable sont importantes, mais le rapport devrait se concentrer sur comment le commerce peut servir de catalyseur pour la relance et la création d'emplois. Nos amendements creuseront dans cette direction », a ajouté Christophe Hansen (PPE, luxembourgeois).
Besoin de transparence
En revanche, l'ensemble des députés se rejoint sur le besoin de transparence en ce qui concerne le commerce de produits médicaux essentiels. « Nous avons besoin de transparence, sur comment on opère dans les chaînes de valeur, où sont les stocks, et où vont les exportations », a déclaré Kathleen Van Brempt.
La question du mécanisme d'autorisation des exportations de vaccins anti-Covid-19 a d'ailleurs été soulevée par plusieurs membres. La plupart des groupes a remis en cause le mécanisme de la Commission européenne qui permet d'interdire à une entreprise l'exportation de ses vaccins (EUROPE 12685/7).
Le PPE, qui est aussi demandeur de plus de transparence, a toutefois tenté de justifier le mécanisme d'autorisation en vigueur : « Nous partageons l'avis du rapporteur que cet outil devrait être transformé en un mécanisme de transparence uniquement, pour ne pas provoquer de barrières à l'exportation. [...] Mais, pour l'instant, nous avons besoin d'un mécanisme avec des dents pour assurer la livraison des vaccins dans l'UE », a indiqué Christophe Hansen.
Les députés de la commission INTA ont jusqu'au 19 avril pour déposer leurs amendements. (Léa Marchal)