La commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen a affiché son soutien, jeudi 15 avril, à un projet de règlement délégué visant à accélérer l’approbation règlementaire des vaccins contre la Covid-19 lorsque ceux-ci devront être « mis à jour ».
Les vaccins déjà autorisés pourraient, en effet, perdre en efficacité face aux mutations du virus et devront alors être « adaptés d’une manière qui implique de modifier leur composition afin d’obtenir une protection contre les souches nouvelles ou multiples », indique le projet de règlement délégué, dévoilé par la Commission fin mars.
Les amendements apportés permettraient de préciser quelles dispositions sont concernées par la modification de la substance active des vaccins, afin de permettre aux entreprises de se concentrer sur la collecte des seules preuves nécessaires et à l’Agence européenne des médicaments de procéder à l’autorisation des vaccins modifiés avec un ensemble plus restreint de données. Et ainsi de gagner du temps.
« Rien de révolutionnaire », a insisté auprès des eurodéputés Pierre Delsaux, directeur général adjoint pour la santé au sein de la Commission européenne. « Tout ce que nous faisons, c’est appliquer aux vaccins contre la Covid-19 ce que nous faisons déjà pour les vaccins contre la grippe humaine », a-t-il précisé.
Citant le règlement délégué, il a par ailleurs rappelé que les modifications ne pourront être acceptées « que si le rapport bénéfices/risques du médicament est favorable ».
Plus de transparence, plus d’informations
La Commission ne devrait pas rencontrer grande résistance au sein du Parlement européen. Les coordinateurs des groupes politiques ont tous expressément soutenu l’initiative de la Commission.
« Je pense que c’est la bonne chose à faire », a affirmé Peter Liese (PPE, allemand), appelant à accélérer la procédure « autant que possible ». Nicolás González Casares (S&D, espagnole) a également jugé très important de s’adapter, mais a appelé à ce que cela soit fait en toute transparence.
Bien qu’elle ait assuré la Commission du soutien de son groupe, la coordinatrice d’ID, Joëlle Mélin (française), quant à elle, a estimé qu’il serait « assez illusoire » de vouloir traiter les mutations sans davantage d’informations sur les origines du virus.
De même, la coordinatrice des Verts/ALE, Michèle Rivasi (française), a recommandé que des études soient faites en amont, notamment sur l’influence potentielle des vaccins à ARNm sur l’ADN ou encore sur le contexte de l’apparition des variants.
« Toutes ces remarques sont importantes, je ne les néglige évidemment pas », a réagi M. Delsaux. « Mais ce n'est pas exactement le sujet dont nous parlons ici », a-t-il nuancé, répétant qu’il ne s’agissait là que de dispositions ayant déjà fait leurs preuves et ne concernant que des vaccins déjà approuvés.
Dès ce vendredi 16 avril, une recommandation visant à donner un feu vert anticipé à ce projet de règlement délégué sera soumise au vote de la commission ENVI. Cette dernière devrait alors confirmer qu’elle ne soulève aucune objection à l’égard de la proposition.
Pour consulter le règlement délégué : https://bit.ly/3tQTWfs (Agathe Cherki)