Les ambassadeurs nationaux auprès de l’UE ont salué, lors d’une réunion du Comité des représentants permanents (Coreper), mercredi 14 avril en fin d’après-midi, le compte-rendu détaillé de la visite en Turquie par le cabinet du président du Conseil européen. Toutefois, ils ont regretté l’incident diplomatique du ‘Sofagate’ et ont insisté pour « tourner la page » et aller de l'avant.
Les États membres ont tous, dans un échange - jugé franc par une source diplomatique - avec le cabinet du président du Conseil européen, regretté l’incident (EUROPE 12698/10), qui a donné une image négative de l’action européenne dans les médias et, par conséquent, au sein de l’opinion publique européenne, occultant des résultats probants de la visite diplomatique des deux présidents en Turquie.
Ils ont ainsi insisté sur l’importance d’améliorer la coordination interinstitutionnelle en matière de protocole. En revanche, ils ont repoussé l’idée de toute modification des traités, nous confirme une autre source. Dans tous les cas, ils ont souligné avec force le fait qu’une telle situation ne se répète plus jamais.
En revanche, les États membres se sont montrés bien plus enthousiastes quant aux résultats de la visite. En effet, le nouveau conseiller aux Affaires étrangères du cabinet du président du Conseil européen, Simon Mordue, a fait un compte rendu grandement détaillé de la visite du président du Conseil européen, Charles Michel, et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en Turquie. La présentation faite avec force et détails a été grandement appréciée par les délégations nationales, selon des sources. La visite a été jugé positivement, car elle a permis de transmettre un « message unitaire » et « clair » à la Turquie, nous dit-on.
Toutefois, plusieurs ambassadeurs se sont interrogés quant aux engagements financiers de l’UE pour faire face aux flux migratoires. Ici, M. Mordue a expliqué que Mme von der Leyen a insisté sur un engagement régional et non spécifiquement à la Turquie. Aucun budget précis n’a été donné en l'espèce, a-t-il fait savoir.
Le Parlement européen devrait ajouter un point à l'ordre du jour de sa prochaine session plénière d'avril sur la question turque, éventuellement en présence des deux présidents. (Pascal Hansens)