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Bulletin Quotidien Europe N° 12624
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DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / ÉgalitÉ de genre

Il n’y aura pas d’avancées en matière d’égalité tant que l’UE « n’offrira pas aux ministres concernés un espace de discussion dédié », insiste Irène Tolleret

Après quelques discrets appels de ministres (EUROPE 12524/7) et d'autres personnalités politiques (EUROPE 12441/8), c’est désormais le Parlement européen qui plaide pour la création d’une nouvelle formation du Conseil consacrée à l’Égalité de genre (EUROPE 12605/24).

L’essentiel des groupes politiques, ainsi que la commissaire à l'Égalité, Helena Dalli, ont en effet formulé ce vœu, mercredi 16 décembre, à l’occasion d’un débat en plénière.

Une proposition de résolution en ce sens – portée par Renew Europe et par le PPE, le S&D, les Verts/ALE et la GUE/NGL – a été mise aux voix le jour même, tard dans la soirée. Encore inconnue à l’heure où nous mettions sous presse, l’issue du scrutin laissait toutefois peu de place au doute.

Dans un entretien accordé à EUROPE, la députée Irène Tolleret (Renew Europe, française), l’une des parlementaires à l’origine de ce texte, a assuré que son groupe n’avait eu aucune difficulté à rallier les quatre autres formations.

« Obtenir une très large majorité serait un signal politique fort, indiquant que nous sommes tous d’accord sur le fait que ce sujet est prioritaire et qu’on ne le fera pas avancer sans offrir aux ministres concernés un espace de discussion dédié », a-t-elle souligné.

Permettre un dialogue régulier

Dans leur proposition de résolution, les députés estiment qu’un rendez-vous régulier des ministres et secrétaires d'État chargés de l’Égalité de genre permettrait de mieux intégrer ce sujet dans les politiques de l'UE et d'élaborer une législation européenne solide en la matière.

Pour l’heure, la question demeure abordée ponctuellement et de façon parcellaire par l’une ou l’autre des formations du Conseil - parfois trop occupées avec les autres sujets dont elles ont la charge, a noté la coordinatrice du PPE, Frances Fitzgerald (irlandaise), lors du débat.

La proposition de résolution souligne qu'une formation dédiée permettrait une approche plus cohérente et l’instauration d'un dialogue régulier et d'échanges de bonnes pratiques.

« Il faut pouvoir échanger, en particulier avec ceux qui constituent régulièrement une minorité de blocage », a insisté Mme Tolleret auprès d'EUROPE. « Le sujet ne doit plus être seulement mis sur la table officieusement ou informellement », a-t-elle ajouté.

Une approche intersectionnelle

Une formation du Conseil dédiée est par ailleurs présentée dans la proposition comme « un élément clé » pour faire avancer les négociations sur la ratification de la convention d’Istanbul (EUROPE 12609/5), la directive 'Women on Board' (EUROPE 12575/19) et celle sur l'égalité de traitement (EUROPE 12356/16), toutes trois bloquées au Conseil respectivement depuis 2017, 2013 et 2008.

La proposition de résolution met enfin l’accent sur l’importance de veiller à ce que les questions d’égalité de genre soient débattues en tenant compte du fait que certaines femmes subissent simultanément plusieurs formes de discrimination distinctes : les femmes racisées, celles appartenant à des minorités religieuses, les femmes LGBTI, en situation de handicap ou encore les femmes réfugiées.

« Il sera nécessaire d’adopter une approche intersectionnelle », a répété Mme Tolleret avec insistance.

Éternelles voix discordantes

Ces positions, moquées en plénière par le coordinateur ID, Nicolaus Fest (allemand), ne font pas tout à fait l'unanimité au PE.

Le CRE, dont la coordinatrice, Jadwiga Wiśniewska (polonaise), a accusé « la gauche » de vouloir « imposer son agenda politique », a donc présenté sa propre résolution.

Celle-ci maintient que l’absence de formation dédiée « ne révèle pas nécessairement un manque de volonté politique » et que le Conseil devrait continuer à aborder ce sujet de manière transversale, ses formations ayant été établies afin que chaque État puisse y adapter sa structure gouvernementale, souligne le CRE.

Pour ID et le CRE, l'UE en fait déjà bien assez. Selon Irène Tolleret, « les chiffres, les faits parlent d’eux-mêmes : l’écart salarial à 16% (EUROPE 12595/23), les violences faites aux femmes multipliées par trois depuis le début du confinement, le recul de l’accès à l’avortement (EUROPE 12611/18) ». L'eurodéputée l'a répété dans l'hémicycle : « Non, l'Europe n'est pas à la hauteur ».

Consulter la proposition de résolution des cinq groupes : https://bit.ly/3aiV2dG  ; du CRE : https://bit.ly/3raVVen  (Agathe Cherki)

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