Le groupe Renew Europe au Parlement européen veut muscler les compétences de l’agence de coopération policière Europol en lui conférant un pouvoir d’initiative, dans un document présenté jeudi 3 décembre alors que la Commission européenne présentera le 9 décembre un plan contre le terrorisme incluant notamment un nouveau mandat pour Europol.
Le groupe de centre droit veut renforcer la capacité d’action de l’agence dans des domaines comme la cybercriminalité ou la coordination contre le terrorisme. Et il veut aussi en faire un laboratoire d’innovation.
Alors que les États membres avaient fait savoir en octobre qu’ils n’étaient pas favorables à un renversement des compétences afin qu’Europol demeure un outil opérationnel à leur service (EUROPE 12587/9), le groupe Renew Europe estime que cette mission principale « ne peut déjà être remplie efficacement que si Europol est pleinement équipée ».
Le groupe politique veut améliorer les missions d’Europol dans de nouveaux domaines, comme la lutte contre la radicalisation dans l'UE et la coordination en cas d'attentats terroristes. Et Europol devrait être dotée du droit « de mener et de coordonner de sa propre initiative des enquêtes transfrontalières », ajoute-t-il.
Europol ne peut plus « dépendre de la volonté des États membres de partager des informations ou d'agir », dit le document. L'agence devrait donc disposer d'un droit d'initiative pour lancer de nouvelles enquêtes, mener des activités répressives dans et avec les États membres, et s'engager de manière proactive dans des affaires et les traiter lui-même.
Ces enquêtes ne seraient lancées que si une activité illégale revêt une dimension transfrontalière et uniquement pour les catégories de crimes reconnus dans toute l'UE.
Pour Renew Europe, il faut aussi « renforcer la confiance mutuelle ». Les États membres devraient donc être obligés de remplir les bases de données d'Europol et le système d'information européen (SIE) avec des informations et des connaissances ciblées. Et la participation des États membres devrait être plus systématique et codifiée pour créer de solides bases de données européennes permettant de soutenir les enquêtes des États membres.
Lien vers la position : https://bit.ly/3g630Ym (Solenn Paulic)