En Pologne, « les représentants des pouvoirs publics et les leaders d'opinion doivent cesser de favoriser un climat de haine et d'intolérance à l'égard des personnes LGBTI et renforcer au contraire le respect de leurs droits. Le sigle LGBTI ne désigne pas une idéologie, mais des personnes », a déclaré la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe dans un mémorandum publié jeudi 3 décembre.
Ce texte fait suite à des consultations en ligne menées par Dunja Mijatović en octobre auprès des autorités polonaises, des structures nationales des droits de l'homme et des ONG œuvrant à la protection des personnes LGBTI en Pologne.
La Commissaire se dit « vivement préoccupée » par la montée des discours homophobes tenus par les représentants des pouvoirs publics et autres personnalités influentes de la société polonaise. Elle précise avoir été « particulièrement choquée » par l'adoption de déclarations et chartes anti-LGBT par de nombreuses collectivités locales et municipalités. Elle appelle à révoquer ces textes et « exhorte » le gouvernement polonais à veiller à ce qu'aucun soutien public ne soit apporté à ce type d'initiative.
Mme Mijatović demande le rejet des projets de loi visant les personnes LGBTI examinés actuellement par le Parlement, s'inquiète des intimidations exercées par les services de police et le ministère public à leur égard et « note avec inquiétude une tendance croissante à interdire les 'Marches des fiertés' ».
« La haine et la déshumanisation menacent la cohésion sociale », souligne la Commissaire, qui appelle la Pologne à « élaborer enfin, en consultation avec la société civile, un plan d'action national sur l'égalité qui traite explicitement de la discrimination des personnes LGBTI ».
Voir le rapport : https://bit.ly/37wPr01 (Véronique Leblanc)