Publié ce jeudi, un rapport du Conseil de l'Europe (https://bit.ly/33Geblr ) conclut le 3e cycle d'observation mené par le Groupe d'experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) en Croatie, pays d'origine, de transit et de destination des victimes de ces trafics.
Le GRETA y salue les mesures prises à la suite de son précédent rapport publié en 2016, mais « note avec préoccupation » que les plaintes concernant les cas potentiels de traite ne sont pas toutes prises au sérieux par la police. Il rappelle, dans ce cadre, l'arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l'homme en juin dernier faisant droit à une requérante qui dénonçait l'absence de réaction lorsqu'elle s'était plainte d'avoir été contrainte à se prostituer (« affaire S.M. contre Croatie »).
Le GRETA se félicite de la création de 60 salles d'audition aménagées pour les enfants, mais demande aux autorités croates de veiller à ce qu'ils bénéficient de mesures de protection spéciales, notamment en ce qui concerne la divulgation d'informations personnelles aux médias.
Aucune victime de la traite n'a, à ce jour, été indemnisée par un trafiquant dans le cadre d'une procédure pénale ni n'a reçu d'indemnisation de la part de l'État, signale le GRETA, qui rappelle que des dispositions juridiques existent en la matière.
Le rapport appelle en outre la Croatie à porter une attention particulière aux secteurs à risque tels que l'agriculture, la construction et l'hôtellerie ainsi qu'à détecter les indicateurs de traite chez les demandeurs d'asile et les enfants non accompagnés. Si le principal objectif de la traite reste l'exploitation sexuelle des femmes et des filles, l'exploitation par le travail y est en augmentation et vise principalement les hommes. (Véronique Leblanc)