Un an après avoir exprimé sa volonté de devenir la banque du climat de l’Union européenne (EUROPE 12346/12), la Banque européenne d’investissement (BEI) a adopté, mercredi 11 novembre, sa feuille de route climatique 2021-2025 à travers laquelle elle s’engage à mobiliser 1 000 milliards d’euros en soutien à l’investissement dans des projets en faveur du climat et de la durabilité environnementale au cours de la période 2021-2030.
« Aujourd’hui, nous avons adopté la feuille de route de la Banque pour le climat du Groupe BEI, qui détaille notre réponse de 1 000 milliards d’euros à l’urgence climatique dans les années à venir. C’est une contribution majeure au rôle de l’Europe, qui ouvre la voie à la décarbonation et à une économie verte, résiliente et socialement inclusive », a ainsi déclaré le président de le BEI, Werner Hoyer.
La feuille de route prévoit d’augmenter progressivement la part des prêts de la Banque en faveur du climat et de la durabilité afin d’atteindre plus de 50% de l’ensemble de ses prêts d’ici à 2025 et au-delà, contribuant ainsi à mobiliser 1 000 milliards d’euros d’investissements au cours de la décennie à venir.
En outre, la BEI s’engage à garantir que toutes ses activités de financement soient alignées sur les objectifs et les principes de l’Accord de Paris d’ici fin 2020.
Elle a ainsi notamment l’intention de cesser de financer des expansions d’aéroports ainsi que des avions et des navires utilisant des carburants conventionnels.
Mécontentement des ONG
Les ONG environnementales ont salué cette décision, mais ont critiqué le fait que la Banque prévoie de continuer à financer des projets d’autoroutes ou de biomasse.
À l’instar de Greenpeace, Counter Balance a également déploré le fait que la feuille de route n’exige pas que toutes les entreprises et les intermédiaires recevant des fonds de la BEI adoptent au préalable des plans de décarbonation adéquats.
L’ONG regrette enfin le fait que la BEI « attendra en fait la fin de l’année 2022 pour cesser de soutenir des projets climaticides ».
Cette critique fait référence au fait que la banque continuera à approuver les projets déjà en cours d’instruction jusqu’à la fin de 2022, afin, selon elle, de gérer les changements requis par l’alignement de ses activités sur l’Accord de Paris.
En vue de suivre, comptabiliser et notifier les financements en faveur de l’action climatique et de la durabilité environnementale, « un système amélioré sera applicable à toutes les opérations signées à partir du 1er janvier 2021 », précise en outre la feuille de route.
Enfin, il est à noter que, dans le cas du secteur de l’énergie, la BEI estime que l’alignement sur une trajectoire à faible intensité de carbone est assuré par sa nouvelle stratégie en matière de prêts au secteur énergétique, adoptée le 14 novembre 2019 (EUROPE 12370/11).
Celle-ci prévoit de supprimer, à partir de fin 2021, les financements de la BEI en faveur de nouveaux projets liés aux énergies fossiles, mais maintient des exceptions pour le gaz naturel (EUROPE 12406/7).
Voir la feuille de route : https://bit.ly/2Um9p7C (Damien Genicot)