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Bulletin Quotidien Europe N° 12370
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bei

Les écologistes et la société civile saluent l'avancée décisive que représente la nouvelle stratégie climatique de la Banque de l'UE

Plusieurs groupes politiques du Parlement européen et organisations de la société civile en pointe sur les questions climatiques ont accueilli avec satisfaction la nouvelle stratégie en matière de prêts au secteur énergétique qu'a dévoilée la Banque européenne d'investissement (BEI), jeudi 14 novembre au soir, même s'ils auraient souhaité des décisions encore plus radicales (EUROPE 12368/22).

La BEI est notamment la première banque multilatérale à décider officiellement de supprimer, à partir de fin 2021, les financements de nouveaux projets en faveur des énergies fossiles, y compris le gaz. Elle alignera l'ensemble de ses activités sur les objectifs de l'Accord de Paris pour le climat à partir de fin 2020, le total de ses activités en faveur du climat devant atteindre 50% d'ici à 2025. Elle s'engage à contribuer à la levée de 1000 milliards d'euros d'investissements qualifiés de durables d'ici à 2030.

« Il s'agit véritablement d'un pas dans la bonne direction et un jalon pour la trajectoire d'élimination des investissements dans les énergies fossiles », a déclaré Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais). Mais, tant que la BEI financera de nouvelles infrastructures gazières, l'UE s'enfermera dans une logique mettant en péril le respect de l'Accord de Paris, a-t-il estimé. Et d'ajouter que, contrairement à ce que prétendent le président de la BEI, Werner Hoyer, et Pascal Canfin (Renew Europe, français), qui préside la commission de l'environnement du Parlement européen, la Banque de l'UE ne pouvait pas encore être considérée comme la Banque du climat.

L'écologiste française Marie Toussaint a qualifié la décision de la BEI de « victoire » pour les mobilisations citoyennes, même si, selon elle, ce « premier pas essentiel » reste « insuffisant au regard de l'urgence » climatique.

Les écologistes souhaitent une stratégie globale qui imposerait, par exemple, de cesser immédiatement tout financement aux énergies fossiles et à l'énergie nucléaire, de supprimer les exonérations fiscales aux énergies polluantes, de mettre sur pied une taxonomie adéquate pour déterminer les investissements financiers pouvant être considérés comme durables et de revoir les politiques d'investissement de la BERD et de la BCE.

Certaines organisations de la société civile, comme Bankwatch, sont allées jusqu'à qualifier d'« historique » la décision de la BEI intervenue peu avant l'ouverture de la conférence onusienne COP25 à Madrid, espérant que celle-ci ait un effet d'entraînement auprès d'autres organisations financières internationales. Toutes notent les réelles avancées effectuées tout en les relativisant en mettant en avant les zones d'ombres qui demeurent.

Pour Greenpeace, la possibilité de financer de nouveaux gazoducs jusqu'à fin 2021, ainsi que la modernisation d'infrastructures énergétiques existantes basées sur les énergies fossiles (à condition que ces infrastructures émettent en moyenne moins de 250g de CO2 par kWh d'électricité produite) constituent une menace pour le respect de l'ambition affichée par la Commission européenne et la plupart des États membres en faveur de la neutralité carbone à l'horizon 2050.

Transition juste. La BEI reconnaît également que « dix États membres font face à des défis spécifiques en matière d'investissement énergétique » et promet de travailler étroitement avec la Commission européenne à la mise en place du Fonds pour une transition juste, que la présidente élue, Ursula von der Leyen, a annoncée dans son programme de travail. Elle estime être en mesure de financer jusqu'à 75% des coûts éligibles de nouveaux projets d'investissement durables et de leur fournir une assistance technique.

Le soutien aux projets promouvant l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables ne doit pas avoir lieu uniquement dans les pays les plus riches, « mais aussi dans les régions d'Europe centrale et orientale », soulignent les organisations Bankwatch et Counter Balance. La Confédération européenne des syndicats a aussi souligné l'importance d'accompagner la nouvelle stratégie climatique de la BEI par « des mécanismes de solidarité européens ».

Réagissant à la nouvelle politique de la BEI, l'organisation Eurogas, qui représente les grands acteurs gaziers en Europe, s'est félicitée que la décision prise soutienne le déploiement des infrastructures de séquestration du CO2 ('carbon capture and storage'), impliquant l'hydrogène et le biogaz à l'impact environnemental moindre, ainsi que les petites chaudières à gaz.

La Banque de l'UE a aussi identifié le besoin de compléter l'infrastructure gazière via de nombreux projets d'intérêt commun impliquant le gaz naturel, a-t-elle noté (EUROPE 12361/12). Et de plaider pour un objectif européen contraignant en matière de gaz renouvelable et décarboné, comme c'est le cas en France (10% en 2030).

Voir la nouvelle stratégie de la BEI : http://bit.ly/37cVupU  (Mathieu Bion avec Damien Genicot)

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