La Commission européenne a adopté, jeudi 31 octobre, la quatrième liste de projets d’intérêt commun (PIC) de l’Union européenne, qui permet à des projets transfrontaliers clés d’infrastructures dans le secteur de l’énergie de bénéficier d’un certain nombre d’avantages, tels que la possibilité de demander des financements de l’UE.
Selon la Commission, cette nouvelle liste de 151 PIC représente un équilibre entre les trois grands objectifs de l’UE en matière d’énergie : durabilité, accessibilité financière et sécurité de l’approvisionnement.
« Grâce à nos projets d’intérêt commun, nous construisons des réseaux solides et bien connectés à travers l’Europe afin d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement », a ainsi déclaré Maroš Šefčovič, vice-président de l’Union de l’énergie.
Une liste controversée. Si la Commission est satisfaite de la composition de cette liste, ce n’est pas le cas de nombreuses ONG.
En réaction à l’annonce de la publication de la liste, Friends of the Earth Europe et Food & Water Europe ont fustigé le nombre de PIC liés aux combustibles fossiles, notamment la présence sur la liste d’un terminal de gaz naturel liquéfié en Irlande, réitérant ainsi une critique formulée il y a tout juste deux semaines par certains membres de la commission de l’industrie, la recherche et l’énergie (ITRE) du Parlement européen (EUROPE 12351/11).
Aux yeux de ces organisations, en adoptant cette liste, la Commission soutient 55 nouveaux projets relatifs aux combustibles fossiles, ce qui va à l’encontre de l’urgence climatique.
« Cette nouvelle liste PIC tourne en dérision les engagements de l’UE en faveur d’une Europe neutre en carbone », a ainsi déploré Colin Roche, membre de Friends of the Earth Europe.
Et Frida Kieninger, membre de Food & Water Europe, de renchérir : « La crise climatique n’a pas de place pour la promotion flagrante des combustibles fossiles polluants par la Commission européenne ».
Questionnée sur les critiques de ces ONG lors du rendez-vous de midi avec les journalistes, la porte-parole de la Commission chargée de l’Énergie a souligné que le nombre de projets gaziers était passé de 53 à 32, soit une baisse de 40% par rapport à la liste précédente, ce qui représente, selon elle, « une tendance nette à la baisse des projets gaziers ».
La liste des PIC étant contenue dans un acte délégué, la Commission doit désormais la soumettre au Parlement et au Conseil de l’Union européenne, qui disposeront alors d’un délai de deux mois pour décider s’ils l’acceptent ou s'ils s’y opposent. Friends of the Earth Europe et Food & Water Europe ont d’ores et déjà appelé les eurodéputés à la rejeter.
Voir la 4e liste de PIC : https://bit.ly/2PA3JWl (Damien Genicot)