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Bulletin Quotidien Europe N° 12351
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

La 4e liste des projets d’intérêt commun est trop axée sur le gaz, critiquent de nombreux députés

La plupart des membres de la commission de l’industrie, la recherche et l’énergie (ITRE) du Parlement européen ont critiqué la version provisoire de la quatrième liste des projets d’intérêt commun de l’Union européenne (PCI) présentée par la Commission européenne, jeudi 17 octobre, lui reprochant en particulier de contenir encore trop de projets gaziers.

« Lorsqu’on regarde le nombre de projets pétroliers et gaziers sur la liste, s’il s’agit du Green Deal européen, nous sommes dans une situation très problématique », a ainsi estimé Ciarán Cuffe (Verts/ALE, irlandais).

Permettant à des projets transfrontaliers clés d'infrastructures dans le secteur de l'énergie de bénéficier d'un certain nombre d'avantages, cette nouvelle liste prévoit 151 PIC, dont 102 pour l’électricité, 32 pour le gaz, 6 pour le pétrole, 6 pour les réseaux intelligents et 5 pour les réseaux de gaz carbonique.

Par conséquent, le ratio entre les projets liés à l’électricité et les projets gaziers est passé de 2 pour 1 à 3 pour 1 par rapport à la troisième liste, s’est réjoui, en ouverture de la réunion, Klaus-Dieter Borchardt, directeur général adjoint du département 'Énergie' à la Commission. À ses yeux, cela illustre la volonté de la Commission de remplacer progressivement les projets gaziers par des projets pour l’électricité.  

Des explications qui n’ont pas semblé convaincre bon nombre de députés.

Michael Bloss (Verts/ALE, allemand) a par exemple souligné que, si le ratio gaz/électricité en termes du nombre de projets est désormais bien de 3 pour 1, il demeure de 1 pour 1 en termes de montant accordé au gaz et à l’électricité, soit 1,5 milliard pour chacun des secteurs.

Malgré l’augmentation du nombre de projets de réseaux intelligents et de réseaux CO2, leur part reste « négligeable » par rapport au gaz et à l’électricité, a noté, pour sa part, Maria Da Graça Carvalho (PPE, portugaise).

À l’instar de Nicolás González Casares (PPE, espagnol), plusieurs eurodéputés ont en outre déploré l’opacité du processus d’élaboration de la liste et le manque d’implication du Parlement européen dans celui-ci.

Face aux critiques, M. Borchardt a tenté de défendre le travail de son institution. Il a ainsi expliqué que cette liste vise à contribuer aux trois objectifs généraux de la politique énergétique de l’UE : la durabilité, la sécurité d’approvisionnement et la compétitivité, en respectant le Green Deal.

« Ce qui est clair pour nous [la Commission] c’est que, dans un avenir proche, une décennie disons, nous aurons encore besoin de gaz naturel », a-t-il notamment déclaré, expliquant que certains projets gaziers se trouvent dans la liste depuis la toute première version de celle-ci pour des raisons de sécurité énergétique.

Selon lui, le gaz permettra à certains États membres de sortir du charbon tout en maintenant leur sécurité d’approvisionnement, ce dont ils seraient incapables avec les énergies renouvelables. Néanmoins, il a ajouté qu’il était important que les futures infrastructures gazières puissent servir au transport de « gaz vert » comme l'hydrogène ou le biométhane. (Damien Genicot)

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