Le futur commissaire européen à l’Emploi, Nicolas Schmit, a qualifié le Green Deal européen de « grand projet de transformation économique et sociale », insistant sur son caractère foncièrement politique et profondément économique, mercredi 16 octobre, lors d’une conférence sur le financement du Green Deal organisée à l’initiative de Pierre Larrouturou (S&D, français) et d’une douzaine d’autres députés S&D de neuf pays différents.
« Le système économique tel qu’il fonctionne aujourd’hui, tel qu’il est basé sur le court terme, ne va pas nous aider à résoudre le problème du changement climatique », a ainsi déclaré M. Schmit. Et d’ajouter : « Ce ne sont pas ceux qui regardent tous les matins le cours de la Bourse qui vont nous aider à agir efficacement contre le changement climatique ».
Des déclarations qui ont suscité des applaudissements soutenus dans la salle du Parlement européen, en particulier de la part des nombreux jeunes et membres de divers mouvements pour le climat participant à l’événement.
En outre, s’il s’est dit fier de pouvoir faire partie d’une Commission qui, avec le Green Deal, « s’est fixé un grand objectif », le Luxembourgeois a surtout souligné le fait que ce programme ambitieux ne pourra être réalisé que si l’Union européenne s’en donne les moyens financiers. « À la fin, ce qui compte, c’est les moyens qu’on met sur la table », a-t-il notamment lancé.
Des idées pour financer le Green Deal, Pierre Larrouturou n’en manque pas. Rappelant que, selon un rapport de la Cour des comptes européenne publié le 20 septembre 2017, les États membres devraient investir, collectivement, 1 115 milliards d’euros par an entre 2021 et 2030 pour atteindre leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le Français a présenté un paquet de trois propositions.
Il suggère tout d’abord d’adopter une « loi climatique » qui interdirait aux banques et aux compagnies d’assurance privées et publiques d’investir dans les énergies fossiles, afin de réorienter les investissements vers les énergies renouvelables. Ensuite, il appelle à la création d’une banque européenne pour le climat qui débloquerait 300 milliards d’euros de prêts exclusivement en faveur du climat chaque année. Enfin, il plaide pour l’établissement d’un « budget climat » annuel de 100 milliards géré par l’Union européenne. Ce dernier serait distinct du budget actuel de l’UE et serait financé en créant un nouvel impôt européen qui ne s’appliquerait qu’aux bénéfices des grandes et moyennes entreprises.
Alors que la conférence se clôturait sur une vidéo de Greta Thunberg, les jeunes activistes pour le climat sont sortis de la salle précipitamment. Ils ont alors entamé un ‘sit-in’ en plein cœur du Parlement, afin d’exprimer leur crainte que la prochaine Commission ne soit pas à la hauteur des enjeux climatiques et d’appeler à un « véritable Green Deal européen ». (Damien Genicot)