Comme elle l'avait laissé entendre depuis plusieurs jours, la Commission européenne s'est officiellement engagée, mercredi 11 novembre, à acheter au moins 200 millions de doses à Pfizer-BioNTech pour leur candidat vaccin contre la Covid-19. Le lendemain, elle a aussi promis un accès limité au contenu des contrats négociés avec l'industrie pharmaceutique.
La Commission européenne a aussi annoncé la publication d'orientations sur les tests antigéniques « la semaine prochaine ».
L'opacité des accords critiquée
Lors d'un débat au Parlement européen, la commissaire Stella Kyriakides a fait savoir qu'elle ne pouvait pas divulguer le contenu des contrats négociés avec l'industrie pharmaceutique (AstraZeneca, Sanofi, Johnson&Johnson et, d'ici quelques jours, Pfizer-BioNTech), au nom du secret commercial.
Devant l'insistance des eurodéputés, elle s'est toutefois dite « prête à explorer, dans le cadre des contraintes contractuelles, la mise à disposition d'informations sur les contrats à certains membres désignés du Parlement et dans des arrangements spécifiques, une fois que les négociations sensibles en cours seront conclues ».
Lors du débat, plusieurs eurodéputés, à l'instar de la socialiste Jytte Guteland (S&D, suédoise), ont exigé de recevoir des informations sur « les coûts à la production et le prix à payer, le lieu de production, l'accès au vaccin et la responsabilité liée à un possible dégât causé par le vaccin ».
Vaccination : où en sont les préparatifs ?
La Commission européenne a déjà présenté 2 stratégies en matière de vaccination : la première, en juin, lançait la procédure européenne d'achat anticipé au nom des États membres et la seconde identifiait les étapes clés à mettre en place dans les Vingt-sept d'ici à la commercialisation d'un vaccin (EUROPE 12582/7, 12508/4).
Les États membres sont censés y répondre en publiant leur stratégie nationale de vaccination. Or, à ce stade, seuls 21 États membres l'ont fait. Au moment de présenter son paquet pour une Europe de la santé (voir autre nouvelle), Mme Kyriakides a indiqué avoir déjà contacté les États membres à plusieurs reprises. Elle a précisé que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies ferait ensuite rapport sur ces stratégies, une fois qu'elles seront disponibles. (Sophie Petitjean)