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Bulletin Quotidien Europe N° 12582
CONSEIL EUROPÉEN / Climat

Les dirigeants européens se donnent rendez-vous en décembre pour arrêter le nouvel objectif climatique de l’UE pour 2030

Les vingt-sept chefs d’État ou de gouvernement des États membres de l’UE sont convenus, jeudi 15 octobre au soir, de revenir sur la question du relèvement de l’objectif climatique de l’UE pour 2030 lors du Conseil européen des 10 et 11 décembre.

Leur objectif est de parvenir à un accord lors de ce sommet et d’être ainsi en mesure de présenter la mise à jour de la contribution déterminée au niveau national (CDN) de l’UE à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), avant la fin de l’année, comme le demande l’Accord de Paris.

Un tel scénario était attendu (EUROPE 12581/1), étant donné qu’il ne s’agissait que d’un « premier débat d’orientation », selon les termes employés par la chancelière allemande, Angela Merkel, à son arrivée au sommet.

Si la discussion a, cette fois, été relativement courte (moins de deux heures), les négociations en décembre pourraient se révéler bien plus difficiles.

La proposition de la Commission européenne de porter l’objectif de l’UE en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2030 à ‘au moins 55 %’ avait en effet été critiquée par certains pays d’Europe centrale et orientale (EUROPE 12563/18).

Partage de l’effort

Néanmoins, ces pays ne rejettent pas en bloc ce nouvel objectif.  À son arrivée à Bruxelles, le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš – qui représentait également le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, actuellement en quarantaine – a ainsi déclaré ne pas être opposé à l’objectif de -55 %, à condition qu’il s’agisse d’un objectif pour l’Union dans son ensemble. Alors que certains pays peuvent viser une réduction des émissions supérieures à 55 %, un tel objectif est impossible dans le cas de la République tchèque, a-t-il estimé.

Son homologue bulgare, Boyko Borissov, a quant à lui souligné la nécessité d’aider son pays, mais aussi tous les pays d'Europe centrale et orientale dont l’économie repose sur le charbon et les combustibles fossiles, si l’UE veut s’orienter vers une réduction de 55 %.

Abondant dans son sens, le Président lituanien, Gitanas Nausėda, a plaidé pour « un partage équitable des charges », ainsi que pour des évaluations individuelles des marges de manœuvre dont dispose chaque État membre pour contribuer à cet objectif.

Au vu des conclusions adoptées à l’issue du sommet, ces demandes semblent avoir été entendues. Le texte indique ainsi que « l’objectif actualisé devrait être atteint collectivement par l’UE », tout en ajoutant que « tous les États membres participeront à cet effort, en tenant compte des circonstances nationales et de considérations d’équité et de solidarité ».

Le Conseil européen invite également la Commission à « mener des consultations approfondies avec les États membres afin d’évaluer les situations spécifiques et de fournir plus d’informations sur l’impact (d’une réduction des émissions d’au moins 55 %) au niveau des États membres ». Cet élément n’apparaissait pas dans les premiers projets de conclusions qui avaient circulés (EUROPE 12580/18, 12575/20).

À son départ du sommet, Angela Merkel a, pour sa part, assuré que la discussion entre les Vingt-sept avait montré une forte volonté de suivre la proposition de la Commission. 

Berlin veut un accord en 2020

La chancelière a en outre rappelé la détermination de l’Allemagne à trouver un accord sur une réduction d’au moins 55 % avant 2021 (EUROPE 12580/18).

Berlin aura notamment l’occasion d’œuvrer dans ce sens, vendredi 23 octobre, lors de la réunion des ministres européens de l’Environnement.  

Mercredi, les dirigeants de onze pays de l’UE – Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Irlande, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal et Suède – avaient publié une déclaration commune en faveur d’un objectif rehaussé à ‘au moins 55 %’ pour 2030 (par rapport au niveau d’émissions de 1990), s’alignant ainsi sur la proposition de la Commission (EUROPE 12581/1).

De son côté, le Parlement européen défend un objectif de réduction des émissions pour 2030 fixé à 60 % (EUROPE 12577/12).

Voir les conclusions du Conseil européen : https://bit.ly/379zhLC (Damien Genicot avec la rédaction)

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