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Bulletin Quotidien Europe N° 12582
CONSEIL EUROPÉEN / Royaume-uni

Les Vingt-sept veulent un accord avec Londres sur la relation post-Brexit mais pas à « n'importe quel prix »

Un accord sur la relation post-Brexit avec Londres reste l’objectif de l'Union européenne, mais pas à « n’importe quel prix ». C’est aligné derrière ce message du président du Conseil européen, Charles Michel, au Premier ministre britannique Boris Johnson, que les Vingt-sept ont discuté, jeudi 15 octobre, de l’état des négociations bilatérales en cours et appelé Londres à faire les derniers pas décisifs.

En présence de Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, les dirigeants ont fait le point sur sept mois de pourparlers, marqués par une pause au printemps après l’arrivée de la pandémie, et qui butent aujourd’hui essentiellement sur la pêche, les conditions de concurrence équitables ('level playing field') et la gouvernance du futur accord de coopération, comme l’a encore souligné M. Barnier lors d’une conférence de presse avec M. Michel.

Il y a eu « de vrais progrès », mais pas suffisamment sur ces trois aspects « pour dire qu’il y a une perspective d’accord », a indiqué le négociateur. Mais « les discussions vont continuer ». Je serai à Londres avec mon équipe « la semaine prochaine, même jusqu’au week-end, puis la semaine d’après à Bruxelles » pour parvenir à « un accord d’ici à la fin du mois », a-t-il expliqué.

Le négociateur de l'UE en parlera vendredi 16 octobre à son homologue britannique, David Frost. Il a répété que son équipe était prête à mener des discussions intensives pour aboutir.

Au même moment, M. Frost s'est dit « déçu » via Twitter des résultats du sommet européen, déplorant le fait que la notion de discussions « intensives » ait été biffé des conclusions adoptées jeudi soir.

Le négociateur britannique devait conseiller dans la soirée M. Johnson et lui recommander - ou non - de poursuivre les discussions avec l’UE. La veille, un porte-parole du gouvernement britannique avait toutefois laissé entendre que M. Frost préconiserait la poursuite des travaux.

Jeudi, les discussions des Vingt-sept ont duré plus de deux heures et ont eu lieu dans une salle sécurisée, sans téléphone ni tablette, pour préserver la confidentialité, a confirmé l’entourage de Charles Michel.

Sur la concurrence équitable, Michel Barnier a rappelé que ce souci « légitime » des Vingt-sept d'éviter tout dumping britannique aux frontières de l'UE existe depuis le « premier jour » des négociations.

Pêche. Sur la pêche, domaine dans lequel de légères frictions entre le négociateur de l'UE, soucieux d’un compromis avec Londres, et quelques États membres plus intransigeants ont été rapportées, Michel Barnier a constaté une « grande unité » dans les positions, « une grande solidarité » entre les États membres, même ceux moins concernés par ce sujet.

À l'issue de la première session de travail, le Taoiseach irlandais, Micheál Martin, s'est félicité de la très forte unité des Vingt-sept dans leur soutien à l'équipe de négociation sur les trois questions encore en suspens, ainsi qu'à l'Irlande sur le respect de l'accord de retrait britannique. Nous avons besoin d'un accord « juste et équilibré » sur la pêche, a-t-il souligné.

Xavier Bettel, le Premier ministre luxembourgeois, avait concédé en arrivant à Bruxelles que la pêche n’est pas la première des priorités de son pays. « Mais dire que cela nous est égal serait faux », avait-il indiqué.

Dans ce domaine, « nous savons bien que nous allons devoir faire un effort, mais raisonnable et qui puisse préserver les activités de pêche » dans l’UE, a dit M. Barnier. L’UE souhaite un accès aux eaux britanniques réciproque et stable, une juste répartition des quotas et l’offre britannique n’est pas suffisante, selon lui.

En parallèle, il faut faire comprendre à Londres les avantages d’un accès sans quotas et sans droits de douane au marché intérieur, beaucoup plus pertinent économiquement pour le Royaume-Uni.

À son arrivée, le président français, Emmanuel Macron, avait confirmé que la pêche constituait la priorité de son pays, avec la concurrence équitable et la gouvernance de l'accord. « Les pêcheurs ne sauraient être sacrifiés », avait-il dit, rejetant la perspective d'un accord à tout prix.

La chancelière allemande, Angela Merkel, était sur cette ligne. « Nous voulons un accord, mais bien sûr pas à n’importe quel prix. Celui-ci doit être juste et bénéficier aux deux parties », avait-elle.

Et pour le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, il serait « fou » de ne pas réussir à trouver un accord aussi important « économiquement » et « géopolitiquement » tant pour l'UE que pour Londres.

Lien vers les conclusions : https://bit.ly/379zhLC (Solenn Paulic)

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