Les partenaires sociaux (BusinessEurope, SMEunited, CEEP et CES) ont tous insisté, lors du sommet social tripartite de l'UE, mercredi 14 octobre, sur l’importance d'être pleinement entendus et pris en compte au niveau européen comme au niveau national dans le Plan de relance européen et dans les politiques européennes à venir.
Ainsi, la Confédération européenne des syndicats (CES) a regretté, devant la Commission européenne et la Présidence allemande du Conseil de l’UE, représentée par la chancelière Angela Merkel, que toute référence à la dimension sociale et au socle européen des droits sociaux ainsi qu'à l'implication des partenaires sociaux dans les plans de relance ait été supprimée par les États membres (EUROPE 12532/2).
SMEunited, de même que CEEP, ont réclamé l’association pleine et entière des partenaires sociaux, en particulier les organisations de PME, dans l'élaboration et le déploiement des plans nationaux de relance et de résilience. Cette dernière organisation a rappelé l’importance d’avoir un mécanisme pour traiter et sanctionner les violations de l'État de droit et pour faire respecter le dialogue social.
De son côté, BusinessEurope a insisté sur le respect de l'autonomie des partenaires sociaux en matière de fixation des salaires en vue de l’initiative qui devrait être présentée fin octobre (EUROPE 12561/2). À cet égard, SMEunited a rappelé que seules des recommandations étaient possibles, là où les syndicats ont insisté sur l’importance d’une directive.
Les partenaires sociaux ont globalement déploré les coupes budgétaires dans le Fonds pour une transition juste, Horizon Europe, dans le domaine de la santé ou, comme les syndicats, un budget global trop peu ambitieux face aux enjeux.
Le patronat a également souligné l’importance de remettre à jour les compétences des travailleurs pour répondre aux besoins du marché tant dans le domaine numérique que la transition verte. Concernant le Pacte vert, justement, BusinessEurope et SMEunited ont répété leur engagement, mais ont demandé qu’ils soient toujours associés à un objectif de croissance. SMEunited a rappelé que les PME avaient été lourdement touchées par la pandémie et qu’il fallait prendre cela en compte et, par conséquent, adopter une approche « réaliste ».
L’instrument SURE, qui vise à soutenir les systèmes nationaux de chômage partiel, a été mentionné par les syndicats, qui ont demandé son maintien le temps que la crise sanitaire soit passée et que la reprise complète de l’économie et la stabilisation des emplois soient acquises.
Le Sommet social tripartite est consacré aux discussions socioéconomiques entre les institutions européennes et les partenaires sociaux. Il a lieu deux fois par an, en amont des réunions du Conseil européen. (Pascal Hansens)