La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a martelé une nouvelle fois, à l'occasion de son premier discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen, mercredi 16 septembre, que l’initiative en préparation pour garantir un salaire minimum décent au niveau national allait se faire dans le respect des traditions nationales et des prérogatives des partenaires sociaux.
La présidente, ancienne ministre fédérale allemande aux Affaires sociales, n’a pas hésité à dénoncer « le dumping salarial » qui a cours au sein de l’Union européenne et qui « pénalise l’entrepreneur qui paie un salaire décent et distord la concurrence loyale dans le marché unique ». Dans ce cadre, Mme von der Leyen a rappelé devant les eurodéputés l’initiative en vue visant à instaurer un salaire minimum décent au sein de l’UE.
Sachant à quel point le sujet est sensible politiquement et combien la voie légale pour que l’UE agisse est étroite, la commissaire a assuré être « un fervent défenseur » des négociations collectives et, dans ce cadre, a dit que la proposition de la Commission européenne « respectera pleinement les compétences et traditions nationales ». Et d’ajouter : « le salaire minimum fonctionne - et il est temps que le travail soit rémunéré ».
Les observateurs, notamment les partenaires sociaux, attendent la Commission européenne au tournant. Les syndicats espèrent une directive, là où le patronat préfère des recommandations du Conseil (EUROPE 12555/28), ce que n’a pas hésité à rappeler BusinessEurope dans un communiqué en réaction aux annonces de la Commission européenne.
De son côté, la Confédération européenne des syndicats (CES) a salué les propos de la présidente, mais attend à présent un plan « concret ». « La présidente de la Commission a déclaré qu'elle est un 'fervent défenseur' de la négociation collective », s’est félicité le secrétaire général de la CES, Luca Visentini. « Mais nous devons attendre ses plans d'action concrets, qui aideront les 76 millions de travailleurs actuellement exclus des négociations collectives à obtenir également des salaires réellement équitables ».
M. Visentini a dit espérer que la Commission européenne revienne avec des propositions pour garantir une sécurité sociale pour tous et pour mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux (un plan d’action de mise en œuvre est attendu en 2021 – EUROPE 12403/6).
La Commission européenne devrait présenter son initiative sur un salaire minimum européen le 28 octobre prochain (EUROPE 12556/31), même si cette date pourrait encore changer d’ici là, nous dit-on.
Voir le discours sur l'État de l'Union : https://bit.ly/3iBviKK (Pascal Hansens)