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Bulletin Quotidien Europe N° 12561
ÉTAT DE l'UNION / Climat/environnement

La Commission propose de porter l’objectif de réduction des émissions pour 2030 à « au moins 55% »

La Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé de rehausser l’objectif de l’Union européenne en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2030 en le faisant passer d'au moins 40% à « au moins 55% » (EUROPE 12559/7), mercredi 16 septembre, lors de son premier discours sur l’état de l’Union.

Cette proposition est basée sur une étude d’impact de la Commission qui sera officiellement présentée demain (jeudi) et qui, selon Mme von der Leyen, atteste de la faisabilité et des bienfaits d’un tel rehaussement.

« Je reconnais que cette augmentation de 40% à 55% est trop importante pour certains et insuffisante pour d’autres. Mais notre analyse d’impact montre clairement que notre économie et notre industrie peuvent y faire face », a ainsi indiqué la Présidente, alors que certains États membres s’inquiètent de l’impact socioéconomique des efforts pour atteindre une telle réduction des émissions (EUROPE 12440/1).

Elle a assuré que l’analyse a « examiné en profondeur chaque secteur », afin de déterminer « à quelle vitesse nous pourrions agir » et comment le faire « d’une manière responsable », tout en rappelant que le Fonds pour une transition juste soutiendra les régions pour lesquelles la transition écologique sera plus difficile et plus coûteuse.

Cette analyse montre en outre clairement qu’une réduction des émissions d’au moins 55% d’ici 2030 « mettrait résolument l’UE sur la voie de la neutralité climatique d’ici à 2050 », a déclaré Mme von der Leyen, concluant que l’objectif proposé est « ambitieux, réalisable et bénéfique pour l’Europe ».

De son côté, le Parlement européen pourrait se prononcer pour une réduction de 60% lors du vote sur le rapport de Jytte Guteland (S&D, suédoise) relatif à la 'loi climat', durant la session plénière d’octobre (EUROPE 12558/10).

250 milliards d'euros d’obligations vertes

Abordant la question du Plan de relance NextGenerationEU, la Présidente a annoncé que la Commission visera à ce que 30% des 750 milliards d’euros qu’elle compte emprunter sur les marchés financiers soient levés au moyen d’obligations vertes (voir autre nouvelle). 

Selon elle, NextGenerationEU, dont 37% des dépenses seront consacrées directement aux objectifs du Pacte vert européen, devrait en outre investir dans « des projets européens phares ayant le plus grand impact ».

Énergie 

Elle ainsi exprimé son souhait de voir émerger « de nouvelles vallées européennes de l’hydrogène » ainsi qu’une « vague de rénovation européenne », grâce au soutien du Plan de relance.

Alors que les bâtiments génèrent actuellement 40% des émissions de l’UE, le secteur de la construction pourrait devenir un puit de carbone en utilisant des matériaux de construction organiques, tels que le bois, et l’intelligence artificielle, a estimé la présidente.

Afin que l’UE soit en mesure de réduire ses émissions d’au moins 55% d’ici 2030, la Commission révisera toute sa législation sur le climat et l’énergie d’ici l’été prochain, a-t-elle en outre déclaré, mentionnant : la stratégie pour les énergies renouvelables en mer, l’initiative ‘vague de rénovation’, la révision du système ETS et la réforme de la directive (2003/96) sur la taxation de l’énergie.

Si les deux premières initiatives sont prévues pour le 14 octobre prochain, les deux autres ne devraient être présentées qu’en 2021.

Dans la lettre d'intention de Mme von der Leyen ont également été confirmées pour l'an prochain : la révision du règlement établissant des normes de performance en matière d'émissions de CO2 pour les voitures et les camionnettes et une proposition législative sur les normes d'émissions des véhicules routiers post-norme EURO 6

Au-delà du seul climat. Si le dossier climat s'est taillé la part du lion avec une annonce phare, la Présidente de la Commission a tenu à rappeler que « la mission du Pacte vert européen va bien au-delà de la réduction des émissions de gaz à effet de serre », puisqu'est en jeu « l'avenir de notre planète fragile ».

Mme von der Leyen a évoqué brièvement d'autres sujets environnementaux pressants, comme la lutte contre la perte de biodiversité (la proposition de stratégie pour l'horizon 2030 est déjà sur la table (EUROPE 12491/2)), la lutte contre la pollution de l'air, des sols et de l'eau (le plan d'action pour zéro pollution est en préparation) et les initiatives à venir dans le cadre du deuxième plan d'action pour l'économie circulaire (EUROPE 12552/7, 12444/1).

« Nos niveaux actuels de consommation de matières premières, d'énergie, d'eau, de nourriture et d'utilisation des sols ne sont pas durables. Nous devons changer notre façon de traiter la nature, de produire et de consommer, de vivre et de travailler, de manger et de se chauffer, de voyager et de se déplacer. Nous nous attaquerons donc à tous les problèmes, des produits chimiques dangereux à la déforestation, en passant par la pollution », a-t-elle déclaré.

La présentation de la stratégie pour les produits chimiques durables est attendue le 14 octobre.

Une initiative législative pour une politique de produits durables est annoncée pour 2021, dans le cadre du nouveau plan d'action sur l'économie circulaire.

Lire le discours sur l’état de l’Union de Mme von der Leyen : https://bit.ly/3iBviKK  (Damien Genicot et Aminata Niang)

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