Lors de son discours sur l'état de l'Union, mercredi 16 septembre, la présidente de la Commission européenne n'a pas donné de détails sur son futur Acte sur les services numériques, considéré comme le gros dossier de la législature dans le domaine numérique. Elle a, en revanche, annoncé que 20% du Plan de relance Next Generation EU serait investi dans le domaine du numérique.
« Avec les nouveaux pôles numériques qui voient le jour un peu partout, de Sofia à Lisbonne ou Katowice, il n'y a jamais eu de meilleur moment pour investir dans les entreprises technologiques européennes. Nous avons les personnes, les idées et la force d'une Union pour réussir », a déclaré Ursula von der Leyen durant son intervention, suscitant une pluie de commentaires positifs de la part du plus important lobby du secteur, DigitalEurope.
Parmi les annonces, elle a également évoqué un « investissement de 8 milliards d'euros dans la prochaine génération de superordinateurs », sans donner davantage de détails.
La « décennie numérique » de l'Europe
La présidente de la Commission européenne a plusieurs fois appelé à « faire de la décennie qui s'ouvre la 'décennie numérique' de l'Europe ». Cette formule annonce notamment une communication l'année prochaine sur les objectifs numériques pour 2030.
Au cours de son discours, Mme von der Leyen a cité trois domaines précis : les données, la technologie et l'infrastructure.
Sur les données d'abord, elle a réitéré l'importance des données industrielles et a réaffirmé sa volonté de « créer un 'cloud' européen fondé sur Gaia X ».
Sur la technologie ensuite, elle a évoqué la législation sur l'intelligence artificielle, prévue pour 2021, ainsi qu'une proposition créant une identité électronique européenne sécurisée. Cette proposition est d'ailleurs demandée par les États membres pour la « mi-2021 », comme en témoigne le projet de conclusions du Conseil européen des 24 et 25 septembre.
Enfin, la présidente de la Commission a souligné l'importance d'assurer un accès universel à une connexion à haut débit rapide. « C'est pourquoi nous voulons concentrer nos investissements sur la connectivité sécurisée et sur le déploiement de la 5G, de la 6G et de la fibre ».
La souveraineté numérique en question
Pour Mme von der Leyen, il s'agit d'une question de souveraineté.
Ce constat est partagé par le président du groupe Renew Europe, Dacian Cioloș (roumain), qui a réclamé une « loi numérique qui ouvrira la voie vers l'indépendance en termes de traitement, de cryptage des données et de stockage en nuage ».
« Ces technologies de tous les jours détermineront la manière dont nous vivrons dans le futur. Ce serait irresponsable de s'en remettre à des puissances étrangères pour des domaines stratégiques », a-t-il ajouté.
Calendrier de travail
En termes de calendrier, la Commission doit présenter en fin de semaine un règlement sur le calcul à haute performance et une recommandation sur la connectivité. Selon son ordre du jour provisoire, elle prévoit aussi un plan d'action pour l'éducation numérique, le 30 septembre, et une directive sur la gouvernance des données, le 14 octobre.
Les propositions de l'année prochaine sont résumées dans sa lettre d'intention aux Présidences du Parlement européen et du Conseil de l'UE.
En ce qui concerne le volet législatif, Ursula von der Leyen annonce une proposition relative à la numérisation de la coopération judiciaire transfrontière, une loi sur les données, une proposition relative à une redevance numérique et un réexamen de la politique de concurrence.
Dans le domaine non législatif, elle parle de mettre à jour la stratégie industrielle pour l'Europe et mentionne une initiative sur les travailleurs des plateformes, sans autre forme de détails.
Voir le discours sur l'État de l'Union: https://bit.ly/3iBviKK (Sophie Petitjean)