Comme annoncé par EUROPE (EUROPE 12581/32), le Conseil de l'UE a imposé des sanctions, jeudi 15 octobre, à l’encontre de six responsables russes et du ‘State Scientific Research Institute for Organic Chemistry and Technology’, impliqués, selon lui, dans la tentative d’assassinat de l’opposant politique Alexeï Navalny.
Ils sont soumis à un gel de leurs avoirs et à une interdiction de voyager dans l'UE, dans le cadre du régime de mesures restrictives contre la prolifération et l’utilisation d’armes chimiques.
L’UE a décidé de sanctionner le State Scientific Research Institute for Organic Chemistry and Technology, un institut de recherche étatique russe ayant la responsabilité de la destruction des stocks d'armes chimiques hérités de l'Union soviétique, estimant que le déploiement d'un agent neurotoxique du groupe Novitchok ne serait possible qu'en raison d'un manquement de l'Institut à sa responsabilité de détruire ces stocks.
Le vice-ministre au ministère de la Défense russe, Aleksey Krivoruchko, qui a la responsabilité générale des armements, et un vice-ministre, Pavel Popov, qui a la responsabilité générale des activités de recherche, font l’objet de mesures. Pour l’UE, « le ministère de la Défense ayant la responsabilité générale du stockage en toute sécurité et de la destruction des armes chimiques, l'utilisation de telles armes chimiques sur le territoire de la Fédération de Russie n'a pu procéder que d'une intention ou de la négligence du ministère de la Défense et de sa direction politique ». Ainsi, l'UE estime que ces deux vice-ministres sont responsables d'avoir aidé les personnes qui ont commis ou ont été impliquées dans l'empoisonnement de M. Navalny au moyen de l'agent neurotoxique Novitchok.
Le chef de la direction des affaires intérieures de l'administration présidentielle russe, Andrei Yarin, également membre d’un groupe de travail dont le rôle est de lutter contre l'influence d'Alexeï Navalny dans la société russe, est sanctionné, tout comme le premier adjoint du chef de l’administration présidentielle, Sergueï Kirienko, qui est, à ce titre, responsable des affaires intérieures, y compris des groupes et activités politiques.
Aleksandr Bortnikov est aussi concerné par des mesures, car « il est raisonnable de conclure que l'empoisonnement n'a été possible qu'avec l'implication du service fédéral de sécurité », dont il est le directeur.
Enfin, le représentant plénipotentiaire du président russe dans le district fédéral sibérien, Sergueï Méniaïlo, est sanctionné, jugé responsable, notamment, de la mise en œuvre des politiques intérieure et extérieure de l'État.
Selon l’UE, compte tenu de leurs responsabilités, ces quatre hommes sont responsables « d'avoir incité à l'empoisonnement d'Alexeï Navalny au moyen de l'agent neurotoxique Novitchok et d'avoir apporté un soutien aux personnes qui l'ont commis ou qui ont été impliquées dans cet empoisonnement ». (Camille-Cerise Gessant)