Le Parlement européen a officiellement approuvé à une majorité confortable (392 voix pour, 161 contre et 142 abstentions), mercredi 7 octobre au soir, le rapport amendé de Jytte Guteland (S&D, suédoise) relatif à la ‘loi climat’.
Par ce vote, les eurodéputés confirment notamment leur position, exprimée lors des votes sur les amendements (EUROPE 12576/1), en faveur d’un objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 60% d’ici 2030 par rapport au niveau d’émissions de 1990 (l’objectif 2030 actuel est une réduction d’au moins 40%).
Les sociaux-démocrates (S&D), les Verts/ALE, la GUE/NGL, ainsi qu’une très large part de Renew Europe et une quarantaine de membres du PPE ont soutenu le texte.
Comme annoncé après les votes sur les amendements (EUROPE 12576/1), la majorité des membres du PPE se sont abstenus.
La quasi-totalité des membres des groupes CRE et ID ont, quant à eux, voté contre le rapport, confirmant leur opposition exprimée mardi.
Présentée par la Commission européenne le 4 mars dernier, la loi climat consiste en une proposition de règlement européen visant à inscrire l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050 dans la législation de l’Union européenne tout en établissant des objectifs intermédiaires (EUROPE 12439/2).
Avec la série d’amendements adoptés mardi et mercredi, les eurodéputés lui ont apporté des modifications significatives. Celles-ci seront négociées avec les États membres une fois qu’un accord aura été trouvé au Conseil de l’UE.
Réactions
Du côté des parties prenantes, les réactions au vote du Parlement sont contrastées.
Les ONG environnementales telles que Greenpeace et CAN Europe (Climate Action Network Europe) l'ont salué.
Estimant que l’objectif de -60% représente un pas dans la bonne direction, elles se sont en outre félicitées de l’adoption d’autres propositions, comme l’extension de l’objectif 2050 de neutralité climatique à chaque État membre, la création d’un ‘Conseil européen sur le changement climatique’ ou encore la présentation d’un budget des GES.
Néanmoins, elles considèrent qu’au vu des données scientifiques, l’UE devrait viser une réduction de 65% de ses émissions d’ici 2030 afin de respecter ses engagements en vertu de l’Accord de Paris.
Alors que les 27 chefs d’État ou de gouvernement discuteront de l’objectif climatique 2030 lors du Conseil européen de la semaine prochaine (EUROPE 12575/20), Wendel Trio, directeur de CAN Europe, les a appelés à « considérer la proposition d’objectif climatique du Parlement comme une base de référence qui devrait être améliorée ».
Chez Eurochambres, une organisation représentant les chambres de commerce et de l’industrie européennes, l’ambition du Parlement interroge.
« L’ambition est louable, mais pour atteindre nos objectifs communs, l’UE a besoin d’une approche qui repose sur des objectifs réalistes », a ainsi déclaré son président, Christoph Leitl, appelant à la mise sur pied d’un « plan clair avec des actions tangibles et mesurables » pour allier croissance économique et protection du climat.
Voir le résultat du vote par appel nominal : https://bit.ly/30KjjUe (page 153) (Damien Genicot)