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Bulletin Quotidien Europe N° 12577
POLITIQUES SECTORIELLES / Affaires intÉrieures

Après un premier tour de table « prometteur » sur le 'Pacte Asile et Migration', Berlin veut un accord politique au Conseil en décembre

La Présidence allemande du Conseil de l'UE va tenter dès décembre d’obtenir un « accord politique » sur les principaux éléments du 'Pacte Asile et Migration' que sont le mécanisme de solidarité, les retours ou la nouvelle procédure aux frontières et prévoit, en ce sens, d’organiser une nouvelle réunion ministérielle le 13 novembre en présentiel à Bruxelles, a indiqué, jeudi 8 octobre, le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer.

À l’issue d’une première réunion des ministres de l’Intérieur sur le 'Pacte Asile et Migration' présenté le 23 septembre (EUROPE 12566/1), le ministre s’est dit confiant après un long tour de table des ministres : il a assisté à un échange « prometteur » et s’est dit rassuré par le fait que tous les États membres ont montré la volonté d’avancer « ensemble » sur le sujet de la migration.

Un « nouveau départ est indispensable et il n’y a qu’ensemble que seront trouvées les solutions », a-t-il affirmé. Les États membres ont aussi souligné leur intention d’avancer sur les propositions de la Commission, ce qui est considéré comme un bon signe par le ministre.

À ses côtés, la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a également jugé que la discussion avait été « encourageante ». « Il est évident que la coopération s’impose, que l’on a besoin de ce compromis » et qu’en matière de migration, « on n’a plus besoin de polémiques ».

Elle s’est toutefois montrée un peu moins convaincue de la possibilité d’un accord politique dès le mois de décembre (en l’occurrence les 3 et 4 décembre) et a estimé plus réaliste de « finaliser cela sous Présidence portugaise ».

De fait, « il ne reste que deux mois, si l’on enlève la période de Noël », a concédé le ministre, indiquant en outre que ces avancées politiques ne peuvent avoir lieu que lors de réunions en présentiel. Il espère donc que cela sera possible le 13 novembre.

La discussion de jeudi a en tout cas été l’occasion d’un tour de table détaillé sur les critiques, interrogations et craintes que soulèvent ces propositions : pour rappel, elles assouplissent un peu les règles de Dublin en échange de contrôles renforcés sur les migrants arrivant aux frontières extérieures, elle prévoit une solidarité obligatoire sous forme d’accueil ou d’aide aux retours et veut doper les retours et la coopération avec les pays tiers.

Le 7 octobre, le ministre allemand avait rencontré les représentants des pays du Sud de l'UE, qui lui ont fait part de leurs soucis. Ils craignent ainsi que le système de parrainage des retours ne fonctionne pas et qu’ils se retrouvent avec des milliers de personnes à devoir prendre en charge.

Ces craintes ont été répétées pendant la réunion, a dit une source, alors que les pays de l’Est ont, eux aussi, posé des questions sur ces parrainages, mais se sont demandé si il ne s'agissait pas en fin de compte de relocalisations cachées.

Ylva Johansson a confirmé que des « questions, des demandes de modifications » ont été posées. « On va y répondre dans les prochaines semaines et prochains mois », a-t-elle affirmé.

La discussion devrait se poursuivre désormais sur les paramètres les plus sensibles entre les États membres lors de réunions SCIFA et au Comité des représentants permanents.

En parallèle, la Présidence allemande veut faire adopter le plus vite possible le règlement sur Eurodac proposé en septembre et la proposition sur l'Agence européenne de l’asile, en suspens depuis 2018.

Échanges entre Mme von der Leyen et Kyriákos Mitsotákis

La présidente de la Commission et le Premier ministre grec se sont par ailleurs entretenus au téléphone dans la matinée et « sont convenus que l'Europe a besoin d'un système de gestion des migrations prévisible, équitable et résilient, avec un juste équilibre entre le partage des responsabilités et la solidarité », relate un communiqué.

Ils ont souligné « l'urgence persistante de la situation sur l'île de Lesbos à la suite des incendies dans le camp de Moria » et se sont engagés à soutenir les travaux du groupe de travail créé par la Commission pour mettre en place un projet pilote commun et de « nouvelles installations appropriées à Lesbos ». (Solenn Paulic)

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