Les « prochains jours seront cruciaux » dans les négociations entre l’UE et Londres sur les futures relations et les deux partenaires arrivent « au moment de vérité », a commenté, jeudi 8 octobre à Dublin, le président du Conseil européen, Charles Michel.
Une semaine avant le Sommet européen des 15 et 16 octobre, censé dresser une évaluation des négociations, le président du Conseil européen, qui rencontrait le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, a dit attendre du Royaume-Uni « des pas significatifs dans les prochains jours, non seulement sur la pêche, mais aussi la concurrence équitable et la gouvernance ».
Micheál Martin a considéré que la situation restait en effet encore incertaine. « Il faut du mouvement et il y a encore beaucoup de travail pour les négociateurs » sur certains aspects, a commenté le Taoiseach : si « l’humeur a changé et est plus à l’engagement, la substance doit suivre cette humeur » avec « des résultats concrets », a-t-il ajouté.
Le négociateur de l’UE, Michel Barnier, est à Londres ces jeudi et vendredi pour poursuivre les pourparlers avec le négociateur britannique, David Frost. L’attention médiatique se concentre actuellement sur la question de la pêche. Selon l’AFP, Michel Barnier aurait demandé aux ambassadeurs des États membres auprès de l’UE d’accepter un compromis sur la pêche lors de leur discussion du 7 octobre ; ces demandes avaient déjà été faites en début de semaine aux États concernés particulièrement par la pêche et ceux-ci avaient alors adopté une position ferme et fait savoir au négociateur qu’il devait maintenir cette ligne face à Londres et le mandat sur la table, à savoir un accès équivalent à celui dont ils jouissent actuellement.
Une source diplomatique a confirmé, le 8 octobre, que Michel Barnier avait à nouveau interrogé ces États membres sur ce sujet le 7 octobre, mais ceux-ci ont répété qu'il n'y avait pas de marge. Les autres États membres se sont alignés sur cette position, a ajouté cette source.
En attendant, il n'est pas encore clair si les dirigeants seront en mesure, les 15 et 16 octobre, de plancher sur de nouvelles avancées décisives qui interviendraient d'ici là dans les négociations ou bien s'il s'agira d'un bilan d'étape destiné à encadrer la suite des négociations, celles-ci pouvant se poursuivre, en théorie, jusqu'à la fin du mois, voire début novembre. Les résultats des pourparlers informels entre MM. Barnier et Frost cette semaine pourraient donner une première indication de la marche à suivre envisagée au Sommet européen. (Solenn Paulic)