L'Union européenne poursuit ses efforts pour s'assurer un accès aux traitements et aux candidats vaccins contre la Covid-19. Jeudi 8 octobre, la Commission a annoncé avoir conclu un nouveau contrat-cadre d'achat commun pour s'approvisionner en Remdésivir (500 000 doses) et avoir scellé un contrat avec Johnson et Johnson pour son candidat vaccin (200 millions de doses), si celui-ci s'avérait efficace et sûr.
Vaccins : déjà trois contrats
« Aujourd'hui, nous avons passé notre troisième contrat de vaccin, élargissant ainsi notre portefeuille de candidats vaccins et, par conséquent, nos chances de trouver une solution efficace contre le virus. D'autres accords suivront et nous restons déterminés à rechercher un vaccin efficace et sûr afin de lutter contre cette pandémie mortelle », s'est réjouie la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides.
L'accord permet aux États membres d'acheter des vaccins pour 200 millions de personnes et leur laisse la possibilité d'opter pour 200 millions de doses supplémentaires.
Ce troisième contrat s'ajoute à celui passé avec AstraZeneca et Sanofi-GSK (EUROPE 12563/8). Au vu des négociations préliminaires qui ont été menées, il pourrait aussi être suivi d'autres avec CureVac, BioNTech-Pfizer et Moderna.
Il est pourtant difficile de savoir quand un vaccin sera réellement disponible sur le marché européen. « Il est difficile de dire à quel moment un vaccin sera prêt. On essaie d'avoir un vaccin sûr, de haute qualité, le plus tôt possible. Mais ce qui est très important, c'est que la sécurité des citoyens européens soit assurée », a commenté devant la presse le porte-parole de l'institution, Stefan De Keersmaecker.
Nouvelle commande de Remdésivir
Dans la foulée, la Commission européenne a également affirmé avoir signé un nouveau contrat-cadre d'achat commun afin de garantir l'accès au Remdésivir, commercialisé sous le nom de Veklury, pour traiter la Covid-19 (EUROPE 12574/4). Celui-ci complète une première commande passée pendant l'été pour des doses distribuées entre août et octobre et qui commençaient à manquer dans certains pays, notamment aux Pays-Bas (EUROPE 12538/6).
Fabriqué par la société américaine Gilead, le Veklury est, à ce stade, le seul médicament avec une autorisation de mise sur le marché conditionnelle dans l'UE pour le traitement des patients Covid-19 nécessitant un apport d'oxygène. Il bénéficie en Europe d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle depuis le 3 juillet.
La nouvelle offre, à laquelle participent 36 pays (dont tous les États membres), porte sur la fourniture de 500 000 doses sur les six prochains mois. « Les États membres peuvent placer leurs commandes et se mettre d'accord avec les entreprises sur le nombre de doses et leur livraison. Il est très important que ceux qui en ont besoin reçoivent un accès rapide à ces doses », a expliqué Stefan De Keersmaecker. Il a poursuivi en expliquant que, si la demande venait à être plus importante que l'offre, l'UE utilisera une clé de répartition sur base du travail réalisé par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et qui a été discuté au comité de sécurité sanitaire avec les États membres. (Sophie Petitjean)