Face à la persistance de graves abus et de violations des droits de l’homme au Nicaragua, le Parlement européen a demandé au Conseil de l'Union européenne, jeudi 8 octobre, d’ajouter « rapidement des personnes et des entités à la liste européenne de sanctions, y compris le Président [Daniel Ortega] et le vice-président [Rosario Murillo] », dans une résolution adoptée à une large majorité (609 voix pour, 21 contre, 64 abstentions).
Depuis mai, l'Union européenne a adopté des sanctions à l'égard de six personnalités nicaraguayennes responsables de violations graves des droits de l'homme et de répression à l'égard de la société civile et de l'opposition politique (EUROPE 12480/12).
Les députés appellent également à l’envoi d’une délégation du Parlement au Nicaragua dès que possible, afin de renouer le dialogue politique avec le pays.
Le PE demande aussi à l’Assemblée nationale nicaraguayenne de renoncer à l’adoption d’une loi anticonstitutionnelle sur l’encadrement des agents étrangers, d’une loi spéciale sur la cybercriminalité et d’une loi sur les crimes haineux. Si elles étaient adoptées, ces lois fourniraient au régime Ortega un nouvel outil répressif lui permettant de faire taire non seulement ceux qui le critiquent, mais aussi tout individu ou organisation recevant des fonds de l’étranger, souligne-t-il. (MB)