La Commission européenne, le Parlement européen et les autorités grecques ont fait le point, jeudi 2 avril, devant la commission parlementaire compétente, sur la façon dont la pandémie de Covid-19 est gérée dans les îles grecques, alors que 20 cas positifs ont été détectés dans un camp près d’Athènes et que 6 personnes ont été testées positives sur l’île de Lesbos, mais dans la population locale et en dehors des camps de migrants.
Invités à s’exprimer sur leurs actions, les ministres grecs chargés de la Migration et de l’Asile, Notis Mitarachi, et de la Protection des citoyens, Michalis Chrisochoidis, ont détaillé les mesures nationales prises.
Le ministre Mitarachi a, par exemple, indiqué que 10 000 personnes avaient été transférées depuis fin 2019 vers des centres en Grèce continentale pour soulager la surpopulation des camps de migrants dans les îles.
Avec 51 morts du Covid-19 en Grèce, le gouvernement a pris des mesures spéciales dans les camps, a dit le ministre. Les nouveaux arrivants ont été séparés des autres demandeurs d’asile et des unités sanitaires et médicales ont été mises en place pour tester les migrants dans les camps.
Sur la suspension controversée des dépôts de demandes d’asile pour un mois, décidée après la confrontation avec la Turquie fin février (EUROPE 12438/1), le ministre a indiqué que les procédures avaient repris leur cours le 1er avril et que les migrants arrivant en Grèce peuvent à nouveau déposer des demandes d’asile.
Quant aux mineurs migrants non accompagnés, qui « restent la population la plus vulnérable », ils sont conduits vers « des centres de transit » pour voir lesquels sont éligibles au programme de relocalisation vers les autres États membres (EUROPE 12446/8).
Ce programme, qui porte sur 1 600 jeunes, démarrera dans deux États membres, « cette semaine ou la semaine prochaine au plus tard », a dit la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson. Le Luxembourg et l’Allemagne sont les plus avancés.
La commissaire a rappelé à cette occasion que huit États membres étaient actuellement volontaires pour prendre en charge des jeunes isolés. L’effort d’accueil pourrait porter jusqu’à 2 000 mineurs non accompagnés, selon elle.
Soulignant que la précarité était déjà grande dans les camps de migrants avant la crise, Mme Johansson a pointé le risque d’une « crise humanitaire majeure », qui requiert « des mesures immédiates » pour protéger ces personnes.
Un plan d’action d’urgence a été élaboré avec Athènes. Il vise entre autres à réinstaller des migrants très vulnérables dans des logements vides et à les séparer des personnes. Il faudra « multiplier » les tests et mettre en quarantaine les gens testés positifs, a dit la ministre.
Au niveau de l’aide de l’UE, le budget annoncé début mars de 350 millions d’euros permettra de soutenir ces capacités d’accueil. Le programme d'hébergement des personnes vulnérables dans des hôtels bénéficiera de 35 millions d’euros. Une enveloppe de 280 millions d'euros servira à la construction, sur les îles grecques, de cinq nouveaux centres d'accueil et d'identification polyvalents et conformes aux normes. (Solenn Paulic)